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30 ans, trop jeune pour mourir

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J’aimerais vous dire que pour les 30 ans du Reflet, nous sortirons champagne et ballons, que nous ferons une grande fête pour les souligner. Je peux vous confirmer que ça n’arrivera pas! Le problème n’est pas le vouloir mais bien le pouvoir.

En 2019, on a largement parlé de la crise des médias qui sévit… et malheureusement, le Reflet ne fait pas exception. Les derniers cinq ans ont été épouvantables, vraiment. Un vrai gouffre financier qui ne semble jamais se terminer. Je croyais que nous aurions un peu de répit avec les annonces de crédit d’impôt cet automne, mais après avoir mis la main sur la marche à suivre (quelle surprise, ce n’est pas tant adapté aux petits journaux comme le mien), j’ai rapidement déchanté. Pour y avoir accès, je dois remplir une tonne de documents, répondre aux nombreux critères, recevoir mon accréditation et me croiser les doigts que tout aille bien.

Au départ, alors que je voyais les revenus publicitaires fondre comme neige au soleil, je croyais que le problème venait de nous. Que faisions-nous de pas correct pour perdre autant de revenus? Même si nous y mettions les efforts, rien ne changeait. Et j’ai compris qui était mon ennemi no 1 : les réseaux sociaux. Comment fait-on pour se battre contre Facebook ? C’est un combat digne de David contre Goliath. Le Reflet vit uniquement des revenus publicitaires. Il est gratuit et NOUS NE RECEVONS PAS DE SUBVENTION.

J’ai réalisé que le mal est généralisé, beaucoup de journaux ont fermé. Et nous, comme de valeureux Gaulois, nous continuons d’y croire et de nous battre. Pourquoi ne pas en avoir parlé avant, me direz-vous? Peut-être un mélange de pensée magique du style « la situation finirait par rentrer dans l’ordre d’elle-même », d’orgueil et finalement « d’écœurantite aiguë ».

Pendant un moment, j’ai réellement considéré mettre la clé dans la porte pour me concentrer sur mes autres entreprises. Pas facile d’essayer de colmater toutes les fuites d’un bateau. Mais j’ai réalisé que le journal dépasse de loin ma personne : le journal fait partie de la communauté. Un journal a un rôle social et démocratique et se doit de relayer l’information. Il est fait par des Témiscamiens pour des Témiscamiens. Il est VOTRE journal. Vous l’attendez, le lisez, le commentez, le critiquez (même si c’est la partie que je déteste le plus). Il fait partie de votre vie, semaine après semaine.

Donc, avec mon équipe (que ce soit celle du journal, de l’imprimerie ou de la maison d’édition), nous avons décidé ensemble de se retrousser les manches et d’être créatifs. Nous ne sommes pas prêts à abandonner. Dans ce processus, nous aurons besoin de VOUS! Nous sommes ouverts aux idées et suggestions. N’oubliez toutefois pas que derrière le Reflet, il y a des gens extraordinaires et des moyens financiers TRÈS, TRÈS limités. Vous serez appelés à vous prononcer et je souhaite sincèrement que cette 30e année sera celle d’un vent de renouveau et de continuité… et non d’un triste dernier anniversaire.

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Karen Lachapelle