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Couverture KAIROS : formation, sensibilisation et conscientisation

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Dans son plan d’action pour l’éducation des Premières Nations, des Métis et des Inuits, le Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières appuie son personnel enseignant en lui offrant des occasions de perfectionnement professionnel pour qu’il puisse intégrer une pédagogie culturelle appropriée dans ses pratiques, le but étant bien sûr d’appuyer le rendement, le bien-être et la réussite des élèves autochtones. C’est dans ce contexte que plusieurs enseignants du CSCDGR ont vécu l’activité des couvertures Kairos lors de la journée pédagogique du 26 février dernier pour comprendre la réalité des peuples autochtones aujourd’hui, ce qu’ils ont vécu à travers l’histoire, le sentiment de privation territoriale et le contexte des réserves autochtones.

 

Déroulement de l’activité

Dans une grande salle, des couvertures sont étendues sur le plancher. Chacune d’elles représente les terres des Premières Nations, des Métis et des Inuits avant l’arrivée des Européens au Canada. Les participants, représentant les Autochtones, se promènent sur les couvertures, comme s’ils parcouraient et utilisaient leurs terres. Tout en se promenant, ils font l’expérience de ce sombre pan de l’histoire : arrivée des Européens, traités, colonisation, pensionnats, perte de la culture et de la langue. Rapidement, les couvertures rapetissent, d’autres disparaissent et celles qui sont encore là se dispersent. L’image est symbolique, le choc est brutal. C’est ce qui s’est passé avec leurs terres lors de la création des réserves sous la Loi sur les Indiens. À la fin de l’exercice, moins de la moitié des participants sont encore sur les couvertures, entassés les uns sur les autres, ce qui représente la population qui reste, celle qui n’a pas été éliminée.

 

But de l’exercice

C’est par cet outil d’enseignement basé sur l’expérience que les participants comprennent les relations historiques et contemporaines entre les peuples autochtones et non autochtones du Canada, l’incidence de la colonisation des terres sur les personnes qui y ont vécu et la manière dont les relations ont été ternies au cours des années. C’est à partir de cette compréhension, de cette sensibilisation et de cette conscientisation que peut réellement s’amorcer l’étape de la réconciliation.

 

Témoignage

José Gauvreau, enseignante à l’École secondaire catholique Sainte-Marie de New Liskeard, vivait l’activité pour la 4e fois. « Chaque fois, je ressens une grande peine face aux décisions prises par le gouvernement canadien au sujet des Premières Nations, des Métis et des Inuits. En même temps, je remarque à quel point ce dernier a cheminé, non seulement pour redonner la place aux Premières Nations, Métis et Inuits, mais aussi pour trouver des solutions aux problèmes qu’il a créés. »

 

Constat

À la suite de cette activité, le bâton de la parole permet aux participants de s’exprimer sur ce qu’ils ont vécu. Le constat semble unanime. Plusieurs avouent manquer de connaissances en ce qui concerne l’histoire des Premières Nations, des Métis et des Inuits, ce qui empêche de mesurer l’ampleur des conséquences liées à la dépossession. L’activité leur a donc permis de connaître des faits historiques, mais aussi de ressentir la charge émotive qui se cache derrière ceux-ci. Et c’est donc avec cette dose d’empathie que le personnel est mieux outillé pour appuyer le rendement, le bien-être et la réussite des élèves autochtones.

Photo: Mélissa Gill, Tina Nichols-Éthier et Lynne Cormier, participantes invitées à vivre l’expérience.
Crédit photo: Jacinthe Bélanger

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Dominique Roy