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OLYMPIADES SCOLAIRES : L’ENGOUEMENT Y EST-IL TOUJOURS?

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Une fin d’année scolaire n’en est pas véritablement une sans la journée des olympiades. On a l’impression qu’elle existe depuis que le monde est monde, comme si elle était incrustée à tout jamais dans le calendrier scolaire. La préparation de cette activité coïncide bien souvent avec l’arrivée du beau temps, et les olympiades respirent ce parfum de fin d’année scolaire, du décompte des derniers jours. Mais après toutes ces années, ont-elles encore leur place? L’engouement est-il toujours de la partie? Des enseignants d’éducation physique ont accepté de partager leur expérience.

Pierre Côté enseigne l’éducation physique à l’école Marcel-Raymond de Lorrainville. Il se souvient des olympiades lorsqu’il était élève. Pour lui, c’était une journée à ne pas manquer. La compétition commençait dès la formation des équipes avec la sélection des athlètes pour représenter le mieux possible le pays choisi. « Aujourd’hui, certains ont la même philosophie. Par contre, on voit de plus en plus d’équipes formées d’amis et de plaisir au détriment de la victoire, ce qui est très bien », explique-t-il en mentionnant l’importance de cette ambiance festive.

Maxime Bourassa enseigne lui aussi l’éducation physique à Marcel-Raymond. Il abonde dans le même sens en mentionnant l’importance de valoriser le côté social et l’esprit d’équipe. « Je n’irai pas aux olympiades parce que je ne connais personne dans mon équipe. » Voilà une réplique qu’il a entendue plus d’une fois. Il parle de la préparation des capitaines avec beaucoup de fierté. « Des brouettes, des haut-parleurs, de la nourriture pour toute l’équipe, des chandails, des trompettes ou autres éléments pour faire du bruit et même de la crème solaire. Ils y mettent vraiment le paquet. »

Selon lui, pour la grande majorité des élèves, l’engouement est encore présent, mais d’année en année, il se donne la mission de diminuer le taux d’absentéisme. « Cette année, sur les 208 élèves à qui j’enseigne, 19 d’entre eux étaient absents. » Pour lui, ce nombre est encore trop élevé et il trouve dommage que certains parents approuvent ces absences. Sans chercher à les accuser, il se questionne d’abord et avant tout pour comprendre leurs raisons. « Ces parents ont-ils vécu une mauvaise expérience aux olympiades dans leur passé? Est-ce parce qu’ils ne savent pas exactement en quoi consiste cette journée? Ou veulent-ils tout simplement faire plaisir à leur enfant qui préfère jouer à Fortnite? Tout ça compte quand même pour 20% de la note de la 3e étape. »

Pour le primaire, les activités de ce genre demeurent très populaires. Darquise Baril enseigne l’éducation physique à Laverlochère et St-Eugène-de-Guigues. Elle parle de cette journée comme un rassemblement qui permet de tisser des liens, puisque les deux écoles se réunissent pour l’occasion. « Ça permet aux élèves d’apprendre à se connaître, ça permet aux élèves de St-Eugène de découvrir leur future école et aux enfants de voir leurs frères et leurs sœurs. » Les absents se font très rares. Les élèves de la 6e année sont les organisateurs. Ils ont la responsabilité de l’organisation et de la gestion de chaque épreuve-activité. Les élèves de la 5e année, quant à eux, sont les capitaines des équipes. « C’est une grosse journée qui demande beaucoup d’organisation. Toutefois, je ne suis pas seule puisque je fais prendre conscience aux élèves de la 6e année de leur importance et ils prennent toujours leur rôle très à cœur. La réussite de cette journée est beaucoup grâce à eux. Leur demander d’organiser et d’animer un atelier les responsabilise et leur fait prendre conscience de leur importance dans l’école. » Mme Baril parle aussi du travail d’équipe qui se fait au niveau du personnel des deux écoles. Enseignants, surveillants, spécialistes, tous sont mis à contribution et participent à cette réussite collective.

Bref, cette journée semble être là pour rester puisqu’elle réunit à elle seule une quantité d’habiletés que nos écoles d’aujourd’hui tentent développer pour préparer nos citoyens de demain : performance, compétitivité, compétences organisationnelles, habiletés sociales, esprit d’équipe, dépassement de soi.

 

Crédit photo: Maxime Bourassa

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Dominique Roy