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Abattoir régional : la situation n’a que trop duré

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La MRC de Témiscamingue a poussé un cri de colère lors d’un rassemblement le mercredi 11 octobre dernier. En effet, voilà plus de 12 ans que les producteurs régionaux n’ont plus d’abattoir provincial ou fédéral ici même en région. Les éleveurs sont présentement contraints à utiliser un abattoir situé à environ 750 km de la région, soit un trajet aller-retour de 1 500 km et 433 $ de frais de transport par bête, comparativement à 60$ pour abattoir situé à proximité (50 km).

« On vient dénoncer une inaction gouvernementale dans ce dossier. C’est un outil de développement indispensable si on veut pouvoir vivre de l’agriculture, occuper le territoire, vendre des produits de qualité et faire découvrir les richesses. On se lance la balle, entre provincial et fédéral, depuis des années. On est rendu que si on ne pose pas un geste clair, qu’on ne trouve pas de solution, toute la production animale va finir par disparaitre et ça on ne peut pas l’accepter au Témiscamingue », martèle Arnaud Warolin, préfet de la MRC de Témiscamingue.

Pourtant des solutions sont sur la table. La première est celle de l’abattoir provincial de Belle-Vallée, en Ontario, situé à seulement 3 km de la frontière québécoise du Témiscamingue. La réglementation actuelle autorise l’abattage aux agriculteurs québécois, mais uniquement pour usage personnel et non pour la revente puisqu’ils sont hors juridiction ontarienne. L’autre solution, plus récente, viendrait de l’abattoir de proximité de la Boucherie des Praz à Évain (Rouyn-Noranda). Là encore, son statut ne lui permet l’abattage que pour consommation personnelle, mais les propriétaires ont démontré un intérêt à passer sous inspection provinciale.

Des agriculteurs et entrepreneurs régionaux étaient aussi sur place pour manifester leur mécontentement face à la lenteur dans ce dossier. « Ça coûte trop cher de vendre notre propre viande. Les clients quand ils viennent à la table, surtout les touristes, pensent qu’ils mangent de la viande locale, mais je ne suis même pas capable de leur donner la traçabilité de ce qu’ils mangent! », fait notamment savoir Angèle-Ann Guimond, chef à la table champêtre l’Éden Rouge.

Ironie du sort et comme pour signifier le ridicule de la situation, la manifestation s’est terminée avec une dégustation de bouchées de viande… provenant de l’extérieur de la région.

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Guillaume Gonzalez