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Arbitre ou la passion du hockey

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Crédit photo : Facebook/Christian Beaulé


L’incident de la bousculade de l’arbitre Marc-André Manseau a fait grand bruit dans les médias. L’article qui suit ne reviendra pas sur l’événement, mais tentera de démystifier les fonctions d’arbitres.

La passion avant tout!

Selon Christian Beaulé, vice-président d’Hockey Abitibi-Témiscamingue, responsable des arbitres, la motivation principale lorsque l’on remplit ces fonctions est leur passion pour le sport. « D’abord et avant tout, les arbitres sont des mordus du hockey. Je dis toujours que c’est moi qui ai la meilleure place dans l’aréna pour voir la game ».

Selon le jeune arbitre Raphaël Jacques, qui a commencé à 13 ans, il est important d’imposer son standard dès les premières minutes de jeu, surtout pour un jeune arbitre comme lui qui a à peu près le même âge que les joueurs sur la glace. Il aime le défi que cela représente. Son père et son grand frère sont aussi arbitres, donc ça le motive à acquérir de l’expérience. « Je suis dans les arénas du vendredi au dimanche et je n’y vais jamais à reculons. Je veux me rendre le plus loin possible. Il me manque un niveau pour pouvoir arbitrer dans le midget AAA », confie-t-il.

Amélioration dans l’esprit d’équipe

Monsieur Beaulé croit que les campagnes de sensibilisation et les programmes, comme Franc Jeu qui favorise le classement des équipes qui ne dépassent pas un certain seuil de pénalités par match, ont porté leurs fruits. Il ne nie pas cependant que l’ambiance dans les estrades est souvent passionnée, émotive, mais pas toujours saine et respectueuse. « Il y a encore du travail à faire, mais c’est mieux qu’avant », estime-t-il.

Il compare l’appréciation de son travail avec le service à la clientèle : « la plupart des clients sont satisfaits du service, mais quand il y en a un qui est mécontent, c’est de lui que tu entends parler ».

Du travail invisible, mais indispensable  

Christian Beaulé croit aussi que parfois, ses fonctions sont mal comprises. « Notre rôle n’est pas la confrontation ou l’attribution de punitions. C’est une petite partie du travail. Le but premier est d’assurer la gestion du match ».

Il affirme aussi qu’il y a du travail avant et après les parties. Les arbitres doivent tenir compte du contexte de chaque match, anticiper le niveau de compétition et de tension entre les équipes qui s’affrontent, essayer de saisir l’ambiance du jeu pour être bien préparés dès le premier coup de sifflet.

Pour Raphaël Jacques, le travail d’arbitre est capital : « je me dis souvent que sans arbitre, il n’y a pas de règles, c’est le bordel et il n’y a pas de match possible. Ça aide de se mettre ça en tête quand les parents ou les coachs sont mécontents ».

Des qualités indispensables

Selon lui, l’atout principal que doit avoir un arbitre est une bonne faculté de communication : « il faut interagir avec les jeunes sur la glace, leur dire les limites à ne pas franchir. Selon lui, la communication avec les entraineurs est aussi essentielle. « Il faut être capable d’expliquer nos décisions ». Il est aussi important d’avoir une excellente connaissance des règlements et avoir une vision globale du jeu. Les arbitres ont des formations et des suivis annuellement afin que leurs connaissances soient à jour.

Et la relève?

Christian Beaulé est toujours alerte en ce qui concerne le recrutement. « Il y a de la place pour de la relève. On espère toujours que des jeunes s’intéressent à l’arbitrage lorsqu’ils veulent continuer de s’impliquer dans le hockey, mais qu’il n’y a plus de possibilités d’avancement pour eux comme joueurs. Le problème c’est qu’ils repartent souvent pendant leurs études. C’est donc difficile de les garder avec nous ». Il croit que pour les femmes il y a aussi des opportunités intéressantes. « Il y a peu de femmes donc elles peuvent progresser rapidement ».

About the author / 

Mathilde Mantha

Passionnée de lecture, d’écriture, d’art et de culture, elle a fait des études collégiales en littérature. Son désir de relever des défis l’a conduite au sein de l’équipe du journal le Reflet où elle peut contenter en partie, sa curiosité et son avidité d’information.