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Au nom de la réputation?
Au nom de la réputation?
Karen Lachapelle

Depuis plusieurs jours, les médias s’en donnent à cœur joie avec des histoires croustillantes. Entre Nathalie Simard qui s’est sauvée rapidement vers la République Dominicaine et le ministre conservateur Maxime Bernier qui a fréquenté la femme d’un ex-motard, pour un média « potineur » (qui englobe la majorité des médias nationaux!), il y a de quoi jubiler! Parlez-en bien ou parlez-en mal, mais parlez-en qu’on dit!

C’est fou comme on peut s’acharner sur ce genre de sujet. Est-ce qu’on n’en fait pas trop justement? Est-ce nécessaire de connaître les déboires des personnes publiques, dans les moindres détails? Pour Nathalie Simard, ça fait vendre des revues à potins, on appelle ça la rançon de la gloire, je suppose. Le ministre, quant à lui, représente les citoyens. Il y a de quoi peut-être se questionner davantage.

Concernant justement le ministre, son ex-compagne, Julie Couillard, s’est dite dévastée (avec raison!) par la tempête médiatique qui s’est abattue sur elle après qu’on eut révélé ses liens du passé avec des gens liés aux gangs de motards. «Tout ce que je peux dire pour l’instant, c’est que je suis totalement blessée par les événements. Vous, les journalistes, vous avez détruit ma vie », a-t-elle mentionné. Elle ne passera plus inaperçu (si c’était le cas avant!), en tout cas, encore pour un petit bout de temps!

La rumeur courait depuis longtemps à Ottawa que l’ex-copine du ministre des Affaires étrangères avait entretenu des liens avec des membres du crime organisé. Le Bloc québécois a d’ailleurs utilisé la presse, comme c’est souvent le cas en politique, pour faire un sale boulot dont il ne voulait pas porter la paternité. Ce qui aurait été le cas s’il avait pris l’initiative de soulever le premier la question au Parlement. Depuis que la chose a été ébruitée dans les médias, les partis d’opposition à Ottawa se plaisent à déplorer le manque de jugement du ministre Bernier. Appuyé par le caucus conservateur, ce dernier s’est défendu en disant qu’il s’agissait de sa vie privée.

Bien que dans le passé la dame en question ait fait l’objet d’interrogatoires de la part des policiers de l’escouade Carcajou de la Sûreté du Québec pour ses liens avec le crime organisé, aucune accusation n’a jamais été portée contre elle. Il reste qu’elle a côtoyé de près ce milieu pendant plusieurs années…

L’ancienne idylle a donné lieu a une véritable guerre de clans à la Chambre des communes entre ceux qui s’inquiètent des dangers pour la sécurité nationale et ceux qui veulent préserver la vie privée d’un parlementaire. « C’est une question de jugement et nous croyons toujours que monsieur Bernier devrait être remplacé. Moi, j’ai perdu confiance dans le jugement de monsieur Bernier il y a déjà quelque temps », a déclaré un député de l’opposition.

« Peut-être que demain, il sera influencé par Allô Police ou Écho Vedettes, je ne sais trop, mais encore une fois, il s’agit d’une chose strictement privée qui regarde l’individu en question et nous n’avons pas d’autres commentaires à formuler », a lâché le ministre des Transports, Lawrence Cannon, en réponse à une question de Gilles Duceppe, chef du Bloc.

Pourtant, les experts en sécurité s’entendent pour affirmer que les questions sont légitimes puisqu’il s’agit à leur avis d’une affaire de sécurité publique étant donné que le ministre Bernier a accès à des documents et des renseignements secrets. En sachant cela, ce n’est certes pas rassurant pour le petit citoyen.

Oui, les politiciens ont droit à leur vie privée, mais elle ne doit pas compromettre leur intégrité, ni celle du pays. En devenant politiciens, ils ont un rôle d’importance à jouer. Ils sont nos « fiers » représentants, prennent des décisions qui nous concernent tous. Alors, dans un tel contexte, il y a de quoi avoir quelques frissons de désapprobation! Par contre, doit-on tomber dans la paranoïa la plus totale? Je me dis que la GRC, qui voit tout, qui sait tout, était au courant de ce couple et jetait certes un œil sur cette relation disons… singulière.

Quoi qu’il en soit, il faut se demander quelle est la démarcation entre l’intérêt public et la vie privée, principe toujours difficile à établir…


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