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Un artiste de notre région se démarque

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Dominic Lafontaine, artiste, poète et musicien d’origine anishnabek, a participé, lors de la semaine du 11 au 15 novembre, à un laboratoire créatif à Winnipeg. Le laboratoire de création Déranger 2 en était à sa deuxième édition et il s’agit d’une semaine de création intensive pour fabriquer le prototype d’une œuvre en art médiatique avec une dominante visuelle. Les critères de sélection étaient simples; être un artiste établi, peu importe la discipline, d’expression française issue de communautés inuites, métisses et des Premières Nations. La présentation de leur projet avait lieu le 15 novembre au Video Pool Media Arts Centre où ils avaient la possibilité de promouvoir le concept à plusieurs galeries de partout au Canada.

 

Tout a commencé en mai 2018 lorsque monsieur Lafontaine a envoyé sa candidature pour Déranger 2. « Je ne m’attendais à rien, j’ai simplement pris une chance et j’ai reçu une réponse positive trois mois plus tard, soit en août 2018 », se réjouit Dominic Lafontaine. Trois autres artistes ont été sélectionnés pour vivre l’expérience, soit Daphne Boyer, artiste en arts visuels et phytologue d’origine métisse, Jessie Short, artiste, cinéaste et commissaire d’exposition indépendante d’origine michif, et Simon M. Benedict, artiste dans le domaine de la vidéo, du son, de la performance et de la photo d’origine abénakise. La première rencontre a eu lieu le 10 septembre et a permis de former les différentes équipes pour le projet. Les quatre artistes étaient séparés en deux équipes de deux et monsieur Lafontaine a donc fait équipe avec madame Short. Le 10 octobre, une seconde rencontre a eu lieu pour faire leur planification technique avant de se rencontrer finalement pour la création du projet un mois plus tard.

 

Les deux artistes ont décidé de s’inspirer de l’univers du rêve et des esprits, tous deux étant intéressés par le paranormal. En discutant sur leurs différents mythes familiaux, et l’arrière-arrière-grand-oncle de Jessie Short étant le Géant Beaupré, ils ont choisi de s’engager sur la voie des gens et ont eu l’idée d’utiliser des projecteurs et des caméras pour amplifier la présence du spectateur. Les projections se font sur du mylar, un polyester très résistant qui permet de faire des films très fins, qui reflètent la lumière sur les murs de la pièce créant ainsi un espace immersif. Le résultat est onirique et hypnotisant et l’œuvre se nomme Ni l’un, Ni l’autre. Comme le but des créations est d’être déplacé d’une galerie à l’autre, l’installation doit être assez commode. « Nous faisions souvent la blague, Jessie et moi, que notre projet est si simple qu’il pourrait se promener facilement dans un sac à dos » indique monsieur Lafontaine.

 

L’exercice se ponctuait également de rencontre de mentorats avec des artistes autochtones de renommée internationale. Caroline Monnet, artiste multidisciplinaire anichinabée, Sébastien Aubin, artiste graphique cri, et France Trépanier, artiste, commissaire d’exposition et chercheuse d’ascendance kanien’kéha:ka et québécoise venaient donc voir leurs avancements lors de la production de leur prototype et les aidaient, conseillaient et, parfois, confrontaient dans leur travail. « Tous les petits détails à préciser ou à changer, ils nous les présentaient et il y en avait beaucoup! » avoue Dominic Lafontaine. Ce qu’il a préféré de son expérience, c’est l’équipe sur place. « Toutes les personnes présentes nous ont fortement supportés. Ils n’y avaient pas d’égo, que du plaisir, car nous étions tous ensemble pour créer un superbe projet » ajoute l’artiste. Ce qui a été très valorisant pour Dominic Lafontaine dans ce projet a été d’essayer. « Je n’avais pas d’attente en faisant ma demande, mais il faut prendre des chances et croire que l’on peut réaliser de grandes choses même en étant artiste en région », termine-t-il.

 

Le laboratoire de création Déranger 2 est une organisation de la section francophone de l’Office national du film du Canada, en collaboration avec le Video Pool Media Arts Centre et On Screen Manitoba. Des vidéos, tournées par le vidéaste Mike Marynjuk, sur le laboratoire de création seront également diffusées sur la page Facebook de l’ONF.

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Claudelle Rivard