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La Blumania, le nouveau phénomène de l’heure au Témiscamingue

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Crédit photo: Darcy Brisson

 

Il est beau, il est jeune, il joue au hockey, il est talentueux, il s’exprime bien et il est ambitieux. Bref, il possède tout l’équipement nécessaire pour se la jouer, mais c’est un jeune homme humble, modeste et courtois qui s’est présenté à l’entrevue.

Hugo Blum est arrivé au Témiscamingue depuis deux mois à peine, et déjà, il est connu de tous les amateurs de hockey au Témiscamingue. Au moment d’écrire ces lignes, ce joueur européen qui évolue avec les Pirates de Ville-Marie a une fiche statistique déjà assez impressionnante. Avec ses 14 buts et ses 14 passes en 12 matchs, Blum fait partie du Top 10 des meilleurs compteurs de sa ligue, la GMHL.

Ici, Blum réalise un rêve. À l’âge de douze ans, c’est en participant au tournoi Pee-wee de Québec qu’il a été charmé par le Canada. Il est retourné chez lui en ne souhaitant qu’une chose : revenir dans quelques années pour jouer au hockey. Et depuis le 19 août, le hockeyeur de 19 ans vit ce rêve. C’est son agent en France qui l’a mis en contact avec les Pirates de Ville-Marie. « Ça s’est fait très vite et je n’ai pas hésité une seule seconde pour venir jouer ici. »

En France, le hockey ne connaît pas la même popularité. Depuis son arrivée, le joueur étoile des Pirates vit une tout autre réalité. Du jour au lendemain, celui qui passait incognito dans son patelin est maintenant la nouvelle coqueluche des Témiscamiens. Des demandes d’amitié sur les réseaux sociaux, des textos, des autographes, des invitations à souper, des gens qui l’attendent après les matchs, d’autres qui le reconnaissent, des enfants qui ont choisi de prendre le numéro 6 comme le sien… Voilà à quoi ressemble le quotidien du Français depuis les deux derniers mois. « J’ai 19 ans. Je suis comme tous les autres. Je joue au hockey. Mais il y a un engouement autour de moi que je ne suis pas encore trop certain de comprendre. Je suis un peu gêné de tout ça, et je ne sais pas trop encore comment leur rendre ça, mais franchement, ça fait plaisir. »

Même s’il vit avec cette popularité soudaine, Blum garde les patins bien ancrés sur la glace. C’est avec beaucoup de reconnaissance qu’il parle de son parcours, de sa chance de réaliser son rêve au Canada, de l’organisation des Pirates qui lui accorde une grande confiance, de ses coéquipiers qui contribuent à son excellent début de saison, de sa famille d’accueil à Laverlochère qui le considère comme un des leurs à part entière, des admirateurs qui lui accordent toute cette attention. « Ça fait déjà deux mois que je suis ici et j’ai l’impression que ça fait au moins dix ans que je connais tout le monde. Ça se passe super bien, mon intégration. »

Et en plus, le numéro 6 des Pirates, se livre facilement. Quelques minutes d’entrevue suffisent pour en apprendre beaucoup à son sujet. Entre autres, les repas et la nourriture font partie de son plus grand choc culturel. Aussi, il se définit comme un joueur anxieux et superstitieux. Quand c’est jour de match, sa journée complète devient un rituel où toutes ses actions se font de la même façon et dans le même ordre. Tout juste avant la partie, dans le vestiaire, ça se poursuit. « Je m’équipe toujours du côté gauche en premier, mes bouteilles dans le vestiaire sont toujours au même endroit, je n’aime pas que l’on touche mes bâtons avant une game. Je suis quelqu’un de très très superstitieux dans la vie. » En ce qui concerne son objectif ultime, il espère se rendre le plus loin possible au hockey tout en y prenant plaisir. La ligue nationale, il est conscient que c’est un rêve quasi inaccessible, alors il est hors de question pour lui d’abandonner les études. Il suit un cours à distance, qui se donne en France. Il souhaiterait exercer une carrière en management dans le sport. Et son avenir, de quel côté de l’Atlantique le voit-il ? « J’ai déjà averti mes parents qu’il y a peu de chance que je retourne en février-mars. C’est difficile de rentrer, tellement je me plais ici. Franchement, pour dire la vérité, j’aimerais bien m’installer au Canada. »

À l’écouter avec son accent des plus charmants, on peut comprendre que l’aventure d’Hugo Blum au Témiscamingue devient un événement clé dans son parcours de vie. Si le jeune hockeyeur a réussi à s’intégrer aussi rapidement qu’il patine, il se peut très bien que l’on puisse parler d’adoption avant même la fin de la saison.

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Dominique Roy