Actualités

Christine Moore : un regard post-politique

0 339

En 2011, aux élections fédérales, Christine Moore fut élue députée de la circonscription Abitibi-Témiscamingue à la Chambre des communes pour le Nouveau Parti démocratique (NPD). Son aventure politique aura duré huit ans. Au printemps dernier, elle annonçait officiellement sa décision de ne pas briguer les suffrages aux élections du 21 octobre 2019. « Ç’a été une décision difficile et j’ai beaucoup hésité. La décision finale n’a été prise que quelques jours avant l’annonce publique, le temps d’en informer mon chef, mes collègues et mon équipe », dit-elle. Aujourd’hui, c’est avec une perspective post-politique qu’elle pose un regard sur l’aventure qu’elle a vécue et qu’elle parle de ses projets.

La campagne électorale

Cette fois, pour elle, la compagne électorale s’est passée autrement. Alain Guimond, l’attaché politique de Christine Moore pendant son mandat, souhaitait succéder à sa patronne. Il s’est donc lancé à la course à l’investiture au NPD dans Abitibi-Témiscamingue. Bien sûr, les deux collègues de travail ont échangé à quelques reprises, avant et après les débats et ils ont aussi discuté de certains enjeux. « Mais il reste que c’est difficile de regarder les débats car, à chaque fois, on voit ce qui n’a pas été soulevé, les réponses qui ne font pas de sens des autres candidats. J’aime débattre mais, j’ai dû admettre que je n’avais pas le niveau d’énergie pour continuer le travail de député. Alain a fait une bonne campagne, toutefois, ce qui se passe au niveau national a tendance à prendre de plus en plus de place et c’est très difficile de se battre contre ça comme candidat local », confie-t-elle. Pour l’instant, elle vit encore la période transitoire en réglant quelques détails administratifs et elle espère que le nouveau député s’investira pour les gens d’ici avec la même passion qui l’a animée au cours des huit dernières années.

Ce qu’elle retient de son aventure

À la suite de son passage en politique, quels sont ses constats, ses apprentissages? Que retient-elle? « Qu’il n’est pas impossible de faire changer les choses, mais qu’il faut s’armer de patience et de détermination. J’ai appris qu’il vaut mieux rester soi-même et honnête plutôt que de s’effacer pour ne pas déranger. Je n’avais pas d’objectifs précis lorsque j’ai commencé à faire de la politique, sinon que de vouloir faire de la politique honnête, authentique, impliquée et sincère. » Pendant ses deux mandats, des liens se sont créés et certaines personnes ont eu une influence positive sur son parcours au sein du NPD. Elle nomme Niki Ashton, Charlie Angus, Thomas Mulcair et Guy Caron. Madame Moore ajoute également que les amitiés créées sur la scène internationale et la tribune dont elle disposait pour proposer des solutions font partie de ce qui lui manquera le plus.

Comme tout n’est pas rose en politique, l’ex-députée parle aussi de ses plus grandes déceptions. Parmi celles-ci, elle nomme l’absence du sens des responsabilités et la légèreté que certains semblent accorder à leur rôle de député. Elle garde aussi un goût amer de la partisanerie à outrance.

Ses projets

Actuellement, Christine Moore profite des derniers mois du Régime québécois d’assurance parentale auxquels elle a droit. Rappelons qu’elle a donné naissance à son troisième enfant en avril dernier, la petite Judith. Elle se consacre aussi à la maîtrise en sciences infirmières qu’elle a entreprise. « J’aimerais peut-être faire plus de recherches en sciences infirmières, aider la profession à se développer davantage, contribuer à l’expansion de l’exercice infirmier. » Ce retour à la routine lui permet donc de passer du temps en famille et de pratiquer le loisir qu’elle aime tant, soit le patinage artistique et synchronisé. Et pour terminer, peut-on entrevoir un retour éventuel en politique? « Ce n’est pas impossible! »

About the author / 

Dominique Roy