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La culture du cannabis, un moteur économique pour Fugèreville

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C’est le mardi 7 août 2018 à 19 h, à Fugèreville, lors de la consultation publique, que le conseil municipal a adopté un projet de règlement modifiant le règlement de zonage pour le 2, rue Bordeleau. En effet, avec l’arrivée prochaine de la légalisation du cannabis, l’ancienne école primaire vacante devient donc un bâtiment attrayant pour un promoteur de Toronto qui se spécialise dans la culture du cannabis.

 

À ce stade-ci, le projet en est encore à ses balbutiements. Avant que celui-ci soit présenté en bonne et due forme, que la demande d’un permis soit officielle et que la vente du bâtiment ait lieu, il faut d’abord et avant tout que le zonage actuel soit modifié pour devenir commercial. Voilà l’objectif initial de la consultation publique de mardi à laquelle prenaient part le maire, quatre conseillers municipaux, la directrice générale de la municipalité ainsi que sept citoyennes et citoyens, dont deux journalistes.

 

Lors de la consultation publique, le maire André Pâquet a mentionné qu’il ne s’agit pas là du plus beau et du plus agréable des projets, mais qu’il est difficile pour la municipalité de passer à côté d’une telle activité économique qui apporte un promoteur à Fugèreville, l’amélioration du bâtiment qui nécessite la réparation de la toiture ainsi que la création d’une dizaine d’emplois par site. Il est à noter que l’ancienne école de Belleterre serait aussi convoitée pour les mêmes raisons et par la même entreprise.

 

Un référendum pourrait avoir lieu si une demande à cet effet est reçue dans les huit jours suivant la publication de l’avis et cette demande doit être accompagnée d’un minimum de douze signatures. Lors de la consultation publique, il fut mentionné que l’avis serait publié dès le 8 août. S’il y a référendum, le projet pourrait ne pas voir le jour. Dans ce cas, la démolition du bâtiment est prévue pour 2019, privant ainsi la municipalité d’un montant de 5000 $ qui leur est versé en taxes chaque année. Si aucune demande n’est émise, le projet passera à la phase suivante, soit la demande officielle du promoteur à la municipalité de Fugèreville. C’est à ce moment-là que les élus pourront émettre leurs conditions en ce qui concerne, entre autres, la ventilation, le rejet des eaux, la gestion du bruit, des odeurs ainsi que des déchets résiduels. À ce sujet, le promoteur s’est vu rassurant en mentionnant son intention de composter et transformer la grande majorité des résidus pour générer le moins possible de déchets.

 

Le promoteur de Toronto, dont l’identité n’est toujours pas rendue publique, a aussi calmé les inquiétudes des élus municipaux en ce qui concerne le traitement des eaux usées. Par courriel, celui-ci a certifié qu’il y aurait moins de 1 % des eaux qui seraient rejetées étant donné l’utilisation d’un système d’aquaponie permettant de filtrer et de réutiliser l’eau. De plus, pour des questions de sécurité, le site serait clôturé, muni de caméras de surveillance et d’un gardien de sécurité sur place en tout temps, jour et nuit.

 

À l’heure actuelle, la Commission scolaire du Lac-Témiscamingue est encore propriétaire du bâtiment inhabité. Sur le site de la MRC de Témiscamingue, la valeur de l’immeuble est de 74 300 $, soit 4300 $ pour la valeur du terrain et 70 000 $ pour la valeur du bâtiment, le prix de vente affiché est de 79 000 $.

Bref, les élus se disent conscients des impacts d’un tel projet et préoccupés par l’acceptabilité sociale de celui-ci. Toutefois, si Fugèreville ne saisit pas l’opportunité, ce sera d’autres municipalités qui seront sollicitées et qui bénéficieront des retombées économiques.

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Dominique Roy