Arts & Culture

De la création en pleine galerie

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Le 7 juin avait lieu le vernissage de l’exposition Territoires à la Galerie du Rift avec OMA (Organismes modifiés artistiquement) réalisé par l’Atelier Cent Pressions, qui occupera la moitié de la galerie jusqu’au 15 septembre. L’autre partie sera occupée par des artistes en résidences qui créeront sur place sous le thème de l’exposition.

L’Atelier Cent Pressions est un regroupement de six artistes, Carol Kruger, Francine Plante, Ginette Jubinville, Huguette Rocheleau, Josée Lefebvre et Francine Brouillard, qui explorent l’univers créatif de l’estampe. Cette fois-ci, elles voulaient tester une nouvelle technique d’estampe sur argile. La Commission culturelle du Témiscamingue leur a remis une bourse de recherche et création pour leur permettre d’acheter le matériel nécessaire pour leurs créations. « Nous avons appris la technique grâce à des vidéos instructives sur Internet. Ç’a donc été un processus très difficile où le résultat n’était souvent pas celui qu’on attendait. Le fait que nous travaillions en très petit a beaucoup affecté le processus » explique Francine Plante. Elles fabriquent leurs estampes sur du Pelon, puis rehausser pour finalement les biscuiter, c’est-à-dire les faire cuire à 1200°C dans un four à poterie, puis y ajouter une glaçure transparente. Ce fut un beau défi!

Les artistes voulaient également avoir une réflexion sur l’agriculture, la terre et les organismes génétiquement modifiés (OGM).

« Notre but est de sensibiliser et d’influencer le public, en tant qu’artistes, mais aussi en tant qu’humains. Nous sommes ce que nous mangeons et si ce que nous mangeons est mauvais, nous risquons d’être malade », s’entendent pour dire madame Kruger et madame Plante.

On retrouve trois jardins, le jardin pesticide, OGM et sain. Pour chaque jardin, il y a donc l’épi de maïs et les légumes qui en résultent. Sur les deux murs entourant les œuvres, vous trouverez des œuvres où la plaque ainsi que son résultat se côtoient. Ces œuvres seront à vendre et 5 $ par œuvre sera remis à la banque alimentaire du Témiscamingue. « Notre but est, bien sûr, de toutes les vendre », ajoute madame Plante. Elles ont fait beaucoup de recherche sur le sujet et ont même rencontré Claire Bolduc, en tant qu’agronome, pour vérifier chacune des informations qu’elles avaient trouvées. Madame Bolduc leur a confirmé que leurs recherches étaient fondées. Ç’a été un grand processus de monter cette exposition sur laquelle elles travaillent depuis deux ans. Également, lors des Journées de la culture, elles avaient invité la population à venir faire des estampes et le Centre de femmes du Témiscamingue est aussi venir réaliser quelques estampes à l’atelier.

Pour ce qui est des résidences, se seront Émilie B. Côté, du 27 juin au 4 juillet, Joanne Poitras, les 4 et 13 juillet et Dominic Lafontaine, du 5 au 9 août, qui s’échangeront la place durant l’été. Ces résidences veulent répondre à la mission du Rift de démystifier le processus culturel. « Habituellement, lors d’expositions, les gens voient le produit fini et ce sont les employés ou les artistes sur place qui expliquent le processus de création des œuvres. Les résidences permettront d’entrer directement dans ce processus créatif, d’en être témoin » partage Émilie B. Côté, coordonnatrice du centre d’exposition. Lors de la résidence de madame Poitras, les gens sont invités à venir prendre part au processus de création de son œuvre « Le petit feu ». Lors de la première journée, les participants fabriqueront des créations en argile et, la deuxième journée, procèderont à la cuisson de leurs œuvres. Les œuvres commencées, car elles ne seront sûrement pas terminées, resteront sur place une fois la résidence terminée. Il s’agira sûrement du début de quelque chose de plus grand, une trace du processus de création.

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Claudelle Rivard