Arts & Culture

De plastique vêtue

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Dans le cadre de la Journée de la Terre, le 21 avril dernier, le Centre de femmes du Témiscamingue et le Rift se sont alliés pour offrir une activité créative et informative. Cette année, les organisatrices se sont penchées sur l’industrie du textile et sur l’impact de sa production sur l’environnement et sur les gens. L’activité commençait donc par l’écoute d’un documentaire, suivie d’une discussion, puis de la création d’une œuvre collective, une robe fabriquée à partir de matières recyclées.

Chaque année, le Centre de femmes du Témiscamingue imagine une activité pour cette journée thématique. Cette année, elles ont décidé de choisir l’industrie du textile, car les femmes sont interpelées de plus en plus par cette industrie et par la mode. « L’activité se voulait pour tous, mais nous avons choisi cette industrie, car elle pointe beaucoup du doigt les femmes en les invitant à consommer. Nous désirions nous requestionner sur notre consommation, vis-à-vis de la mode » explique Josée Lefebvre, membre de l’organisation de cet événement pour le Centre de femmes du Témiscamingue. Le documentaire permettait de se repositionner face à la réalité de production d’un jeans. Celui-ci fait une fois et demie le tour de la terre avant de se retrouver dans nos magasins et les conditions de travail de ceux qui les confectionnent sont dangereuses. Environnementalement, l’industrie du textile est très néfaste à cause de tout le transport encouru, les pesticides utilisés dans la production du coton, l’épuisement des sols, les 50 traitements chimiques pour délaver le jean et la grande quantité de rejets d’eau polluée qui se retrouvent dans divers cours d’eau et l’océan. Tout cela est fait sans attention particulière à la santé des employés non plus.  

Six personnes étaient présentes lors de l’écoute de ce documentaire et s’en est suivie une belle discussion sur la consommation. En effet, plusieurs solutions ont été apportées, comme faire des achats dans des friperies et user nos vêtements plus longtemps, peut-être même des années si possible. Se questionner à quel point vous avez besoin d’un vêtement, par exemple, est-il nécessaire d’avoir 15 paires de jeans, est une autre piste de solution. La mode nous invite à un mode de vie où nous changeons de style plusieurs fois en une année et il est parfois difficile d’y résister. Acheter des produits plus chers, mais entendus équitables est aussi une bonne idée, car le documentaire expliquait que, si votre vêtement n’est pas cher, il se brisera probablement rapidement et a sûrement été fabriqué par un enfant. Préférez les vêtements produits localement, plus chers, mais qui créent des emplois respectueux du travailleur ici même.

La création de la robe s’est très bien déroulée, entre autres grâce au fait qu’elle a été réalisée par une petite équipe. Elles ont invité la conscience environnementale dans le processus et ont décidé de ne pas utiliser de tissus. La robe a été confectionnée avec des bouteilles de plastique coupées, des attaches à pain et des bouchons. « Les œuvres d’art servent à conscientiser le public, voilà pourquoi nous voulions passer par l’art dans cette création » explique madame Lefebvre. La création colorée est actuellement exposée à l’extérieur de la Galerie du Rift si vous désirez l’admirer. En terminant, Josée Lefebvre invite la population à se poser une simple petite question lors de ses achats. Une question qui pourrait aider à repenser sa façon de consommer. « C’est simplement de se demander : « Cet achat fait du sens pour moi, mais fait-il du sens pour plus que moi ? ». Si la création de cet article a été faite dans des conditions non respectueuses pour le travailleur, c’est un exemple d’achat qui ne fait pas de sens pour plus grand que soi » donne en exemple Madame Lefebvre.

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Claudelle Rivard