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Des pools de hockey rassembleurs

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Chaque automne, les amateurs de la LNH se livrent une lutte sans merci avec le retour de la saison des pools de hockey. Ces pools, que l’on devrait traduire « jeux du directeur général » selon l’Office québécois de la langue française, connaissent un succès grandissant et au Témiscamingue, l’engouement est palpable.

Le pool classique

Patrick Bilodeau-Mercure est conseiller financier à la Caisse Desjardins du Témiscamingue. Depuis quatre ans, le pool de hockey dont il est l’instigateur est devenu une activité sociale entre collègues de travail. « J’ai déjà un pool de hockey avec des amis en Abitibi. Comme je travaille dans un monde de femmes, je ne savais pas si c’était pour intéresser. J’ai sondé le terrain et il y avait de l’intérêt. J’ai donc parti ça. » La première année, ce fut un pool des séries mais, depuis trois ans, le groupe d’une vingtaine de participants fait un pool pour la saison. D’ailleurs, avec son expérience de « pooler », monsieur Bilodeau-Mercure remarque que les pools de séries sont beaucoup plus populaires lorsque les Canadiens de Montréal y accèdent. Leur fonctionnement est assez simple. C’est sur la plateforme marqueur.com que s’opère la gestion du pool. Comme celle-ci est inaccessible de leur poste de travail, l’organisateur envoie le classement au groupe quelques fois durant la saison.

Le pool à vie

La formule du pool à vie gagne du terrain. Il s’agit d’un type de pool où les participants sont toujours les mêmes, année après année. Dans un pool classique, tout s’efface à la fin de la saison et les participants repêchent l’entièreté de leurs joueurs au début de la suivante. Dans un pool à vie, chaque participant conserve une partie de ses joueurs à la fin de la saison et commence la suivante avec ce noyau, à la manière du fonctionnement de la LNH.

Patrice Vachon, de Ville-Marie, est un amateur de ce type de formule. Il est l’initiateur du Pool des Connaisseurs. En 2014-2015, il a formé un groupe de 12 participants qui est toujours le même aujourd’hui. Deux mois avant le repêchage, les participants peuvent s’échanger des joueurs. Au repêchage, ils se réunissent pour compléter leur sélection. Les transactions se terminent dès le début de la saison. Vers la mi-saison vient la période des agents libres où chaque participant peut mettre un de ses joueurs au ballottage afin de le remplacer par un joueur n’ayant jamais été repêché.

C’est parce qu’il participe depuis quelques années au pool à vie d’un autre groupe que Patrice Vachon a eu l’idée de créer le sien. Cet autre groupe, c’est celui du Pool sélect Vision Finance. Mario Sabourin le gère depuis 1997 et ce dernier existait déjà depuis une dizaine d’années. « C’est un pool très sélectif. Il y a 12 participants et il n’y en aura jamais plus que ça. Si un nouveau participant se joint au groupe, c’est parce qu’il y en a un qui a quitté et qui lui a vendu son équipe », explique M. Sabourin. Il se souvient de l’époque où il rentrait chaque statistique à la « mitaine ». « On prenait le journal du vendredi et on faisait le calcul avec les statistiques de la page des sports. On comptait les points manuellement. Et on y mettait énormément de temps. Maintenant, avec PoolExpert, ça se fait tout seul et chacun a son accès au site. » Des bourses sont remises à la fin de la saison aux quatre participants qui sont au sommet du classement.

Pool du Reflet

Le Pool du Reflet attire aussi de nombreux adeptes. Offert gratuitement par l’hebdomadaire depuis 2010-2011, il a vu son nombre de participants augmenter d’année en année, passant de 99 amateurs en 2010 à plus de 260 cette année. Tout a commencé par un pool participatif à l’interne, entre les collègues de travail. « En 2010, on s’est dit que ce serait intéressant de l’offrir à toute la population. Le plus drôle, à l’époque, c’est que nous craignions que les participants croient au favoritisme si un membre de l’équipe du Reflet gagnait. Nous nous étions donc abstenus, alors que finalement, nous ne contrôlons pas le processus, car c’est une firme externe qui nous fournit le pool », explique Karen Lachapelle, présidente directrice générale du journal Le Reflet témiscamien. Chaque année, ce sont de généreuses entreprises témiscamiennes qui commanditent les prix.

Les types de « poolers »

Pour terminer, voici un petit guide non scientifique de quelques types classiques de « poolers ». Vous en reconnaîtrez sûrement quelques-uns qui font partie de votre groupe.

  1. Le champion : C’est le grand gagnant de la saison précédente. Il se présente à votre repêchage la tête haute, avec l’assurance d’un premier ministre qui vient de gagner ses élections. Sa victoire, il vous la rappellera longtemps.
  2. Le savant : C’est la caricature parfaite de Fern dans Les Boys. Il connaît par cœur les statistiques des meilleurs joueurs de la LNH de tous les temps et il les partage volontiers avec ses adversaires. Il préfère étaler son savoir plutôt que de jouer de façon stratégique en gardant les informations pour lui-même.
  3. Le statisticien : Depuis des années, il compile les statistiques de tous les joueurs et de toutes les équipes de la LNH dans un fichier Excel. C’est un gambler pur et dur et son fichier est une véritable bible qu’il consulte attentivement avant de procéder à chacun de ses choix.
  4. L’orgueilleux : C’est celui qui est le plus motivé quand il fait bonne figure au classement. Le pool est son principal de sujet de conversation, même avec sa mère qui s’en fiche éperdument. Plus il descend dans le classement, plus le sujet se fait rare dans ses échanges. À la fin de la saison, s’il termine dans les derniers rangs, il y a de fortes chances qu’il ne se présente pas au repêchage de l’année suivante, inventant une urgence à son horaire.
  5. Le « social » : C’est le festif du groupe. Toutes les occasions sont bonnes pour socialiser. Il s’y connaît moyennement en hockey mais il est toujours partant pour y participer et c’est probablement lui qui se présente au repêchage avec la caisse de bières.
  6. Le nouveau : Lui, il ne faisait pas partie du groupe l’an passé. On l’a invité à la dernière minute pour remplacer l’orgueilleux qui n’a pas encore digéré sa défaite. C’est en quelque sorte un « nobody » qui n’a pas vraiment de liens avec les autres membres du groupe mais il réussit toujours à surprendre par ses choix stratégiques et par son côté mi-timide, mi-sympathique.
  7. Le perdu : Il ne suit pas. Quand les autres font leur choix, il est sur son cellulaire ou il jase d’autres choses. Il faut toujours le lui rappeler quand son tour est venu de repêcher un joueur, parce qu’il a perdu le fil. Son côté lunatique exaspère les autres.
  8. L’aventurier : C’est le type qui va choisir des joueurs sortis de nulle part (long shot), ceux envers qui on n’a généralement aucune attente et sur qui on ne fonde aucun espoir. Ses choix sont excentriques et il se lance dans l’aventure les deux yeux fermés.
  9. L’organisateur : L’idée du pool entre collègues de travail est son idée. Il fait aussi un pool avec des membres de sa famille et un autre avec ses coéquipiers au hockey en plus de participer à celui dans Le Reflet. C’est lui qui vous reçoit, qui récolte l’argent des participants, qui gère le tout pendant la saison et qui remet les bourses aux gagnants.
  10. Le malchanceux : Ses choix sont toujours excellents, mais la malchance s’acharne sur lui. Ses joueurs se blessent et ses meilleurs compteurs connaissent une mauvaise saison. Même si ses décisions étaient réfléchies et stratégiques, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Il n’arrive pas à « scorer ».

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Dominique Roy