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Des sacs de lait transformés en matelas pour les plus démunis

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L’Union culturelle des Franco-Ontariennes (UCFO) est un organisme des plus actifs dans la communauté de Temiskaming Shores. Les vingt-trois femmes membres participent à différents projets, dont celui de confectionner des matelas avec des sacs de lait récupérés. Il y a cinq ans, Stéfanie Nolet, impliquée dans le mouvement Guides, fabriquait déjà de tels matelas. Devant s’exiler pour ses études universitaires, elle souhaitait que l’activité se poursuive. Elle a donc enseigné le processus de fabrication aux femmes de l’UCFO qui ont décidé de poursuivre son œuvre auprès des plus démunis, parce que c’est en Amérique du Sud, entre autres, que les matelas sont distribués.

La distribution

Depuis les cinq dernières années, les femmes s’adonnent à cette confection ici et là, à travers d’autres projets. Le système de distribution varie. « Pauline Boucher [l’une des membres de l’UCFO] a apporté 2 petits matelas dans ses bagages lorsqu’elle est allée en voyage en Jamaïque en mars 2018. Elle y est retournée en 2019, mais les règlements avaient changé, donc elle n’a pas pu en apporter d’autres. Elle est tout de même retournée voir la petite famille qui avait reçu l’un des matelas en 2018, et elle s’en servait encore », raconte Denise Joyal, elle aussi membre de l’UCFO.

De façon générale, l’envoi est confié à Sr Margot Génier, d’Earlton. Les matelas sont stockés dans un conteneur à Toronto et lorsque celui-ci est plein, le tout est expédié par bateau. Jusqu’à maintenant, elles ont réussi à envoyer onze grands matelas et cinq petits. Trois autres sont prêts et seront probablement envoyés à Montréal pour être remis à des sans-abris.

La confection

Ces matelas sont fabriqués à partir de sacs de lait, seulement, parce qu’il s’agit d’un plastique quand même assez épais et résistant à la moisissure. Sa décomposition est longue. « Il faut récupérer les sacs et les laver s’ils ne sont pas propres, mais les gens sont assez bons. La plupart du temps, les sacs sont propres. Ensuite, il faut les couper, les attacher, monter le métier, puis tisser », raconte madame Joyal, qui estime la nécessité d’environ 600 sacs pour fabriquer un matelas de 1 m X 2 m. En duo, toutes les étapes comprises, il faut compter au moins 20 heures pour la confection d’un matelas. Les extrémités du sac de lait, quant à elles, servent à fabriquer des oreillers auxquels un peu de coton est ajouté.

Un art qui se transmet

Le processus enseigné par Stéfanie Nolet ne s’arrête pas là. À leur tour, les femmes de l’UCFO transmettent leurs connaissances. Entre autres, elles se déplacent dans les écoles. « Les élèves passent à tour de rôle par le processus de fabrication des matelas. Nous leur montrons des diapos et nous les faisons couper, attacher puis tisser les sacs. Même les tout-petits du jardin sont très fiers d’attacher les sacs. Nous sommes aussi allées à Notre-Dame-du-Nord lors de l’exposition de la St-Jean-Baptiste pour montrer comment fabriquer les matelas et faire travailler les gens qui voulaient en tisser. »

La récupération des sacs

À Temiskaming Shores et les environs, les élèves des écoles élémentaires sont les principaux fournisseurs. Ce sont eux qui récupèrent les sacs pour les remettre à l’organisme. Les femmes de l’UCFO en reçoivent aussi du centre Extendicare de Haileybury. Pour celles et ceux qui veulent les récupérer à partir de maintenant, il est possible de les remettre à l’organisme en appelant au 705 647-7944 ou en les déposant au bureau de l’ACFO-Témiskaming situé au 59, avenue Whitewood à New Liskeard. Pour les gens du Témiscamingue québécois, il suffit de les apporter chez Massothérapie Maryse Baril, au 41, rue Richard à Ville-Marie. À noter que ce sont uniquement les sacs de lait qui sont récupérés et non les poches transparentes à l’intérieur de ceux-ci.

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Dominique Roy