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Dit-on vraiment adieu aux cellulaires en classe?

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Depuis le lundi 4 novembre, les élèves de l’Ontario ne peuvent plus utiliser leur téléphone cellulaire ou d’autres appareils mobiles personnels en classe. La décision du gouvernement progressiste-conservateur de l’Ontario est le résultat de la consultation sur la réforme de l’éducation tenue à l’automne 2018. Des parents, des élèves et des enseignants ont mentionné le potentiel pédagogique de ces outils, mais aussi leur source de distraction ayant un effet négatif sur l’expérience en classe. Ainsi, en réponse à de tels commentaires, le Code de conduite de la province fut mis à jour concernant l’interdiction de ces appareils pendant les heures d’enseignement.

Des exceptions

Toute bonne règle ayant ses exceptions, l’utilisation des téléphones cellulaires est permise dans certaines circonstances, soit à des fins éducatives, selon les directives du personnel enseignant, pour des raisons de santé et médicales et pour appuyer les élèves ayant des besoins particuliers. Richard Loiselle, chef des communications au Conseil scolaire catholique de district des Grandes Rivières, mentionne que la loi ne change rien au niveau de leurs pratiques étant donné que l’utilisation des cellulaires en classe était déjà limitée à des fins pédagogiques. « Nous avons partagé l’extrait de la loi à insérer dans les codes de vie des écoles et nous maintenons donc la pratique courante. »

À l’élémentaire

Jonathan Blier est directeur à l’École catholique Saint-Michel de New Liskeard. Dans son cas, l’utilisation du cellulaire en salle de classe n’était pas problématique. « Certains commencent à en avoir en 6e année, mais ils sont peu nombreux. Ce sont surtout nos élèves de la 7e et de la 8e année, mais on avait déjà une politique interne qui interdisait leur utilisation à l’intérieur des classes. On a suffisamment d’équipements qui répondent aux mêmes besoins, dont des iPad dans les classes, donc ça n’a pas changé les choses dans notre contexte interne », précise-t-il.

M. Blier se dit peu surpris par cette nouvelle réglementation. « Il est arrivé que des enseignants soient filmés à leur insu, sans leur accord, ce qui venait entraver la protection à la vie privée. Il y a de nombreuses autres raisons pour lesquelles le gouvernement a passé cette loi, mais je crois que ça, c’en est une. » Le directeur de Saint-Michel, qui a aussi œuvré comme conseiller en orientation et directeur au secondaire à Hearst, parle de la responsabilité des écoles dans tout ce processus. « Notre rôle est de faire en sorte que nos jeunes deviennent des citoyens numériques responsables. Il faut les éduquer. Cette loi, ça suscite des questions et des discussions qui font en sorte qu’on peut parler de responsabilité civique, des attentes de la société, de ce qui se passe dans le monde du travail, parce que ça cause des problèmes au niveau du travail, comme dans les réunions de compagnie, par exemple. Il y a une certaine addiction qui s’installe. Par exemple, lors des réunions du personnel, je demande qu’il n’y ait pas de cellulaires pour que tout le monde soit engagé à fond pendant une heure. »

Au secondaire

Robert Thornton enseigne le cours de civisme et citoyenneté à l’École secondaire catholique Sainte-Marie de New Liskeard. Ce cours est obligatoire pour tous les élèves de la 10e année puisqu’il s’agit d’un prérequis à l’obtention du diplôme d’études secondaires de l’Ontario. Il a profité de cette nouvelle loi pour discuter du sujet avec ses élèves. « Nous avons discuté de la Charte canadienne des droits et libertés et de la façon dont les lois continuent à changer selon la société. » C’est dans ce contexte qu’il a présenté un reportage sur la nouvelle loi quant à l’utilisation des téléphones cellulaires dans un contexte scolaire. Le sujet a fait réagir. Pour Samaira Caron, cette loi est inutile. « Les écoles ont déjà des règles et des systèmes efficaces au sujet des cellulaires. Aussi, je ne comprends pas comment ils vont l’appliquer puisque les enseignants ne peuvent pas fouiller comme ça dans les affaires des élèves », dit-elle en ajoutant qu’il s’agit tout simplement d’une distraction pour faire oublier tous les autres changements en éducation imposés par le gouvernement de Ford. Marc-André Breton partage le même avis que sa collègue de classe. « Je suis entièrement d’accord avec le fait que les téléphones cellulaires distraient les élèves, mais au point de les enlever? Je crois que c’est exagéré. »

Donc, au sein du CSCDGR, la loi semble avoir peu d’impact. Elle fait beaucoup jaser, on doit l’intégrer, mais dans la réalité de tous les jours, la pratique demeure la même. Bref, la problématique n’en était pas vraiment une puisque les règles instaurées jadis permettaient déjà de contrôler les abus.

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Dominique Roy