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Les francophones du Témiskaming ontarien manifestent!

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C’est le samedi 1er décembre qu’a eu lieu la plus importante et la plus grande manifestation de l’histoire de l’Ontario français, soit deux semaines après l’annonce du gouvernement de Doug Ford d’éliminer le Commissariat aux services en français de l’Ontario et de mettre fin au projet de la première université francophone de la province.

La manifestation vue de l’extérieur

Les Franco-Ontariens de tous les âges et de tous les milieux ont tenu à signifier haut et fort leur mécontentement et leur intarissable sentiment d’appartenance à la langue et à la culture francophone. Une quarantaine de manifestations ont été dénombrées un peu partout sur le territoire ontarien, et elles ont permis de rassembler près de 15 000 francophones. L’élan de solidarité s’est même transporté d’un océan à l’autre puisque neuf manifestations ont été recensées dans les provinces canadiennes.

Le vert et blanc faisait aussi partie du décor de Temiskaming Shores, puisque plus de 250 personnes se sont rassemblées sur la rue Whitewood, près du bureau du député néo-démocrate pour la circonscription de Timiskaming-Cochrane, John Vanthof. C’est sous le signe de la fierté et de façon pacifique que le tout s’est déroulé, et le député John Vanthof a fait preuve d’empathie envers ses concitoyens en livrant un discours entièrement en français.

La manifestation vue de l’intérieur

Jacinthe Bélanger faisait partie de ce regroupement. Ayant grandi au sein d’une famille de francophones convaincus, dont les membres ont lutté activement pour les droits des Franco-Ontariens, il devenait important pour elle de prendre la relève et de participer au mouvement. « Mon grand-père, Laurent Bélanger, s’est impliqué à plusieurs reprises au niveau communautaire et provincial. Entre autres, il était conseillé scolaire à l’époque de la construction de l’École secondaire Sainte-Marie. New Liskeard était parmi les premières communautés en Ontario à avoir une école secondaire publique francophone! Il est aussi le fondateur de la Fondation communautaire du Témiskaming qui est aujourd’hui présidée par mon père, Pierre. Cette fondation est au coeur de plusieurs établissements francophones dans la communauté, par exemple, les logements abordables pour personnes âgées à Earlton, le programme J’aime Lire dans les écoles, le Centre de santé communautaire à Earlton, les bourses offertes aux remises des diplômes de l’école Assomption et de l’ESCSM », mentionne-t-elle. La manifestation de samedi était donc une cause qui lui tenait à cœur.

Alexandre Breton aura 16 dans quelques jours. En tant que jeune francophone et premier ministre du gouvernement estudiantin à l’ESCSM, il a tenu à être présent au rassemblement. Sa publication écrite sur sa page Facebook démontre à quel point la jeunesse se sent, elle aussi, concernée par les événements des dernières semaines. « En cette période difficile dans l’histoire des franco-ontariens, j’ai espoir! Nous sommes FRANCOFORT », écrit-il. Dans son message, il invite les siens à faire l’effort de parler en français, et il termine en disant : « Nous ne baisserons pas les bras! Nous sommes, nous serons ».

Il a fallu peu de temps aux Franco-Ontariens pour montrer au gouvernement Ford à quel point leur communauté est active et tissée serrée. Les événements de samedi confirment de façon concrète que la résistance est bel et bien en place, tant dans le Témiskaming ontarien qu’ailleurs en province.

 

Credit photo : Peggy Morin

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Dominique Roy