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Gros ne veut pas dire laid

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L’obsession du corps, de la minceur, est de plus en plus présente dans les différents milieux. Cela vient du fait que l’on associe un corps mince à un corps en santé, mais ce n’est pas toujours le cas. Il y a une grande diversité des corps et il faut promouvoir la diversité corporelle, car cette obsession du corps mince entraine une grossophobie. Pour répondre à cette problématique, il faut tenter de normaliser les différents corps et plusieurs ateliers ont été créés et sont donnés, pour essayer d’altérer légèrement les mentalités. Christine Meunier, intervenante communautaire en santé mentale au CISSS-AT, nous les a présentés.

Choisir l’équilibre

Tout a commencé avec un premier programme, qui a commencé à être donné il y a environ dix ans, et qui se compose d’une douzaine de rencontres. « Cet atelier se penche sur la gestion du poids. On se pose les questions sur les habitudes qui sont payantes et celles qui ne le sont pas. On parle aussi des facteurs extérieurs qui nous incitent à maigrir; la publicité, la pression sociale, etc. », explique madame Meunier. Ces rencontres permettent aux participants d’évoluer dans le regard qu’ils portent sur leur propre corps. Statistiquement, 95 % du temps, les gens cessant un régime reprennent le poids qu’ils ont perdu. Cela s’explique par le fait que, lors d’un régime, on commence par perdre de la masse musculaire, de l’eau, puis, finalement, du gras. Lorsqu’on recommence à manger normalement, c’est l’inverse. Le corps s’accumule des réserves de graisse pour la prochaine fois où vous le restreindrez. « Plus vous ferez de régimes, plus il vous sera difficile de perdre du poids et que vous le regagnerez facilement. Le corps peut même s’habituer à vos diètes, en s’adaptant métaboliquement, et l’on peut perdre son potentiel d’amaigrissement » détaille Christine Meunier. Au vu des différents ateliers, la tendance démontrait qu’il faut commencer à parler de la diversité des corps avant l’âge adulte.

Salade de fruits

Un atelier est désormais donné dans les groupes de Passe-partout à cet effet pendant deux ans, aux deux ans. Le tout commence avec l’histoire de Valentine la Clémentine. Notre charmante agrume ne se trouve pas belle car elle est orange et préfèrerait être rouge. Une fête a lieu et elle décide de se peindre avec de la gouache. Lorsqu’elle se présente à la fête cependant, ses amis ne la reconnaissent pas et l’ignorent. Elle va donc enlever toute cette peinture et ses amis l’accueillent avec bonheur en se demandant pourquoi elle n’est pas arrivée plus tôt. Cette belle histoire est suivie de plusieurs exercices, dont un bonhomme qui se détache en morceaux. Chacun des enfants doit donc choisir un morceau de son corps qu’il aime et aller le mettre sur le monsieur, avant de l’enlever pour laisser la place à un autre enfant. Le but est qu’ils affirment devant leurs amis qu’ils aiment une partie de leur corps, que ce soit leurs cheveux ou leurs pieds. Les intervenantes leur expliquent qu’il est normal aussi de ne pas aimer tout son corps. S’en suit aussi la création d’une salade de fruits. Chaque enfant a préparé en coupant en morceaux un fruit qu’il apporte à l’activité. Le mélange des différents fruits montre que c’est la diversité de ceux-ci qui fait qu’ils ont une belle salade. C’est la même chose avec les gens. Ils terminent en choisissant un fruit qui leur ressemble et en créant un bonhomme avec.

J’écoute mon corps, je l’aime tel qu’il est

Cet exercice est présenté dans les classes de 3e année du primaire. Pour l’occasion, Christine Meunier devient Miss Fashion et Liette Glaude, nutritionniste, devient madame Gargouillis. Madame Glaude explique donc aux enfants à quoi servent les aliments et, grâce à un mannequin possédant un tube digestif, ce qui se passe lorsqu’ils mangent trop, pas assez ou trop vite. Elle leur détaille également les signaux de faim et de satiété. Vient ensuite Miss Fashion qui leur présente la diversité corporelle grâce à des formes géométriques. « On sème des étincelles de réflexion. On leur explique qu’un cercle ne peut pas entrer dans un losange et qu’un long rectangle mince, ce n’est pas mieux que n’importe quelle autre forme » précise madame Meunier. Qui ne s’est jamais fait chicaner pour avoir dit de quelqu’un qu’il était gros. Gros est considéré comme un méchant mot dans le langage habituel, comme s’il s’agissait d’un synonyme de laid ou d’une insulte, ce qui n’est pas le cas. Si on acceptait la diversité des corps comme une normalité, gros serait un adjectif factuel plutôt qu’un adjectif à connotation négative.

Beaux et belles, mais sans danger pour ta santé

Un atelier a également lieu avec les classes de 1re secondaire, avec quatre intervenantes qui arrivent comme un commando pour bombarder les élèves d’informations vitales pour leur santé. La première est l’hygiéniste dentaire qui leur parle des méfaits du blanchiment des dents que l’on retrouve en magasin et du mythe des dents blanches. Certaines personnes ont les dents naturellement plus jaunes, tous sont différents. S’en suit ensuite la nutritionniste qui parle des dangers des diètes et du surentrainement. Christine Meunier parle ensuite de l’histoire de l’image corporelle, les différences entre le corps idéal d’une année à l’autre, mais aussi d’un pays à l’autre et qu’est-ce qui créé ça. Finalement, une kinésiologue présente les risques du surentrainement et de la prise de suppléments comme les stéroïdes. Elles ont quinze minutes pour expliquer leur point, c’est court, clair, précis et ça fait la promotion de la diversité.

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Claudelle Rivard