Actualités

Inquiétudes face au CISSS-AT

2 1294

Il semblerait que 2017 ne soit pas une année facile pour le Centre Intégré de Santé et services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue. Plusieurs situations critiques ou discutables se sont enchainées les derniers mois. Retour sur certains événements.

Il y a d’abord eu, au mois de mai, le cas de Naika Jeannot, qui devant des portes closes, aurait été contrainte d’accoucher, en pleine nuit, sur le parvis de l’hôpital de Ville-Marie. La jeune femme avait pourtant été renvoyée chez elle, une heure plus tôt, avec des antidouleurs. Moins d’un mois plus tard, au même hôpital, le cas du beau-père de Dominique Dubois, qui aurait été lui aussi retourné chez lui, avec consigne de prendre des Tylenol, sans avoir vu de médecin, alors qu’il souffrait d’une triple embolie pulmonaire. La directive étant, de ne pas réveiller le médecin de garde à l’urgence la nuit, à Ville-Marie ou dans tout autre hôpital du CISSS-AT, ce qui pourrait équivaloir à une rupture de service. Plus tard durant le mois d’août, l’absence de chirurgien a contraint certaines femmes, par mesure préventive, de se rendre à Rouyn-Noranda. Ruptures de services devenues fréquentes, cette fois-ci plus au sud, à l’hôpital de Témiscaming-Kipawa (dont une est en vigueur au moment d’écrire ces lignes).

Soulignons aussi le cas des deux pédopsychiatres qui ont récemment remis leur démission, pour cause de surcharge de travail, en raison de la coupure des postes de leur adjointe administrative.

Si les cas énumérés sont évidemment indépendants les uns des autres, une tangente apparait néanmoins. Coupures, manque de personnel (ou personnel à bout), rupture de service, la gestion du CISSS-AT se ferait-elle au péril des usagers?

C’est dans ce contexte austère que l’Alliance du personnel professionnel et technique de la santé (APTS) a interpellé le conseil de ministres, de passage à Val-d’Or le 13 septembre dernier.

« Si on veut vraiment régler les problèmes, il va falloir que les dirigeants, à commencer par le ministre Barrette, acceptent de tenir compte de l’expertise du personnel qui est sur le terrain au moment de prendre des décisions et d’apporter des changements administratifs. L’équilibre budgétaire n’est pas un dogme; Québec ne peut pas décider unilatéralement des budgets à consentir et exiger qu’ils soient respectés sans autre considération. L’offre de service doit être élaborée à partir des besoins réels des gens de l’Abitibi et du Témiscamingue et non pas en fonction des impératifs bureaucratiques et politiques d’élus et de fonctionnaires basés à 1 000 kilomètres de chez nous », martèle Jacques Michel Audet, porte-parole régional de l’APTS.

Joint par téléphone, le CISSS-AT n’a pas souhaité nous accorder d’entrevue.

About the author / 

Guillaume Gonzalez

  • Célestin Wokgoué

    Le bouc émissaire est vite trouvé à 1000 kms… Ainsi personne ne s’interroge sur la gestion chaotique locale et quelques décisions managériales hasardeuses….
    Gérer, c’est prévoir, anticiper, adapter, ajuster…. et visiblement certains responsables locaux n’en ont aucune formation.

  • Patrick Meunière

    Facile de porter le blâme sur ceux qui se trouvent à 150 ou 1000 km… Commencez à regarder dans votre propre cour. il y en a de toutes les couleurs. Ce n’est pas fini. l’automne arrive et ça va faire dur !