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La CSLT remet les pendules à l’heure

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Battage médiatique dans les dernières semaines alors que Radio-Canada rapportait l’étude de l’économiste Guy Lacroix sur l’efficacité financière des commissions scolaires (CS) qui décrète que celles-ci n’utilisent pas leurs ressources financières à leur plein potentiel. La CSLT a réagi à ses allégations considérant qu’elle avait très peu de marge de manœuvre pour exercer d’autres coupes budgétaires.

Selon cette étude, les économies pouvant être exécutées par les CS se chiffreraient à 147 millions pour l’ensemble du Québec. Il faut cependant comprendre que cette étude se base sur des données récoltées entre 2010 et 2012. Selon Richard Provencher, directeur du Service des ressources financières et directeur général adjoint pour la CSLT, le gouvernement du Québec aurait déjà depuis 2010 coupé près de 800 millions dans les CS, donc le 147 millions aurait déjà amplement été tranché. Avec ces coupes perpétrées d’année en année, il affirme que s’il faut couper encore, les services autant à l’élève qu’à la population seront affectés.

Le reportage de Radio-Canada prétendait aussi que pour la CSLT, des économies de 9 M$ pourraient être faites. Par voie de communiqué, Richard Provencher dénonce l’utopie de ce décret. « D’un point de vue comptable, même en fermant le centre administratif et en mettant à pied tout le personnel administratif, les cadres et les directions d’école, on atteindrait à peine 2 M$ d’économie. Pour atteindre la cible évoquée, il faudrait, en plus de fermer le centre administratif, éliminer le transport scolaire, l’entretien ménager, le chauffage et l’entretien des bâtiments scolaires et même en fermer quelques-uns », allègue-t-il. Il rappelle également que les CS de régions ont des coûts particuliers reliés au transport et à l’entretien des nombreux bâtiments établis sur un vaste territoire. « Peu importe les restructurations des centres administratifs, l’élève qui habite en milieu rural ne se retrouvera pas plus près de son école et ses besoins ne différeront pas » d’ajouter le directeur des ressources financières de la CSLT.

L’étude de Lacroix calculait aussi l’efficience des CS en mettant en corrélation le taux de réussite scolaire et les ressources financières déployés. Monsieur Provencher avance que les années durant lesquelles les données ont été récoltées correspondent à une période où de nouvelles écoles ontariennes attiraient de nombreux élèves vivant près de la frontière. Entre 15 et 20 % de la clientèle effectuait cette migration, et statistiquement, ceux-ci étaient comptabilisés comme décrocheurs scolaires. Pour Richard Provencher, ce calcul de l’efficience très peu gratifiant pour la CSLT est erroné puisque pour avoir un portrait exhaustif, plusieurs autres facteurs devraient faire partie de l’équation.

Quoi qu’il en soit, l’étude à soulever de nombreux débats dans les médias sur la gestion financière des commissions scolaires. Notons qu’une fusion de CS est prévue au cours de la prochaine année tel que suggéré par le rapport Lacroix pour les commissions scolaires de moins de 5000 élèves. La réforme du ministre de l’Éducation François Blais est prévue pour 2016.

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