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La fermeture des frontières : Les producteurs agricoles au Témiscamingue très inquiets

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La restriction à la frontière avec les États-Unis d’Amérique bouleverse encore le milieu des producteurs agricoles au Témiscamingue. L’annonce du gouvernement fédéral de fermer les frontières a semé une inquiétude auprès des agriculteurs, leurs familles mais aussi au sein de leur clientèle. Dès l’annonce de cette fermeture frontalière, les agriculteurs n’ont pas hésité à mettre de l’avant leur inquiétude et expliquer les conséquences désastreuses sur toute la chaîne alimentaire.

La réaction de l’Union des producteurs agricole n’a pas laissé le choix au gouvernement fédéral de revoir sa décision, surtout pour ce qui est de la mobilisation de la main-d’œuvre dans le secteur agricole. C’est une décision qui a rassuré, au moins dans un sens, les producteurs agricoles au Témiscamingue. La présence dans la région de quelques centaines de travailleurs étrangers temporaires est indispensable pour une meilleure assurance dans le secteur horticole.

La main-d’œuvre, le nerf de la guerre!

Bien qu’il y ait une attitude positive chez les Témiscamiens dans l’espoir de revenir à la normalité des procédures et ce dans les plus brefs délais, les producteurs agricoles de la région estiment qu’il y a un manque de clarté dans la communication du gouvernement fédéral. Monsieur Stéphane Bock, directeur général de l’entreprise Les pommes de Terre du Témiscamingue, fait savoir au journal le Reflet témiscamien que le grand enjeu pour le moment est celui de régler ce problème lié à l’arrivée de la main d’œuvre. « Également, ce qui me préoccupe le plus est la réception des équipements. J’ai fait une commande de la France et jusqu’à présent je n’ai pas pu recevoir ces équipements qui me sont indispensables. Les choses ne sont pas encore claires, je ne sais pas si je vais pouvoir recevoir mes commandes à temps », exprime au journal le Reflet témiscamien le directeur général de l’entreprise Les pommes de Terre du Témiscamingue.

Si l’empêchement de la venue des travailleurs temporaires aurait était réglé à la suite de l’annonce du ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, plusieurs producteurs agricoles Témiscamiens se soucient encore de la réglementation et des procédures des pays d’origine en ce temps de crise. « Ce qui m’inquiète c’est la complexité des procédures des pays d’origines. Ainsi, par exemple, la majorité des travailleurs temporaires qui viennent ici au Témiscamingue arrivent du Guatemala. Ce pays connaissant également une perturbation due à la COVID-19, son administration va être moins efficace quant à l’accélération du traitement des dossiers de ces travailleurs en attente d’obtenir leurs documents pour venir nous rejoindre ici au Québec », confie monsieur Benoît Lafond, propriétaire de la ferme Allfond au Témiscamingue.

Les communiqués de presse du gouvernement fédéral misent beaucoup plus sur l’assurance de la population que sur l’éclaircissement des procédures à suivre. Si le ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, a confirmé aux médias que les travailleurs sous visa et les travailleurs étrangers temporaires pourront également entrer au Canada, c’est la mise en place de cette décision qui inquiète les entrepreneurs Témiscamiens. « Tant qu’il n’y a pas encore un processus clair et opérationnel, notre vision reste plutôt pessimiste concernant la situation à venir. Déjà un certain nombre d’employés présents au Témiscamingue voient leurs permis de travail et visa en train d’expirer et se posent la question sur leur situation dans ce contexte actuel. Cette situation pèse à son tour sur la gestion de nos employés dans la région », nous affirme monsieur Benoît Lafond.

Alternatives à l’horizon…

En revanche, les producteurs agricoles Témiscamiens voient dans le taux de chômage causé par cette crise de la COVID-19 une alternative de combler leurs positions vacantes en attendant la régularisation de la situation concernant les travailleurs temporaires étrangers. « Je reste très optimiste de pouvoir remplacer la main-d’œuvre étrangère par la locale dans ces conditions de crise et ce temps de contexte exceptionnel », affirme le propriétaire de la ferme Allfond.

La situation actuelle est toujours sous contrôle, malgré les quelques questions soulevées par les producteurs agricoles de la région témiscamienne, leur perception de la gestion de crise est dominée majoritairement par un jugement très positif. « Je demande à notre Premier Ministre, François Legault, de continuer à être clair et très attentif comme il l’est depuis le début de la crise. Son message est très clair et prometteur. Je lui demande de mettre beaucoup plus de pression sur le gouvernement fédéral pour accélérer la gestion du dossier de la main-d’œuvre afin qu’on continue d’être au service de notre communauté à la hauteur de ses attentes », nous déclare monsieur Benoît Lafond.

Des mesures d’aide financière très importantes ont été annoncées par Ottawa afin de venir en aide au secteur agricole. Financement agricole Canada recevra cinq milliards de dollars supplémentaires et ce, pour aider les producteurs et transformateurs à profiter d’une souplesse financière. Plusieurs producteurs agricoles prévoient déjà de grands problèmes de liquidité et des pertes de ventes énormes.

Le Reflet témiscamien inc. reconnaît l’aide financière qui lui a été accordée par l’Initiative de journalisme local pour l’appuyer dans ses activités journalistiques.

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Moulay Hicham Mouatadid