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L’art engagé de Mique Michelle

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L’artiste visuelle franco-ontarienne Mique Michelle amorce sa tournée dans les écoles secondaires du Conseil scolaire de district des Grandes Rivières. Elle était de passage à L’École secondaire catholique Sainte-Marie de New Liskeard du 23 au 26 octobre pour permettre à plusieurs élèves de vivre une expérience artistique hors du commun.

 

L’artiste

Originaire de Field, Mique Michelle œuvre auprès des jeunes pour les aider à développer leur esprit critique par l’entremise de son art, soit la création de graffitis sur des surfaces de grandes tailles. Son objectif est d’offrir des outils pour que les minorités visibles et invisibles puissent exprimer leurs craintes quant aux réalités auxquelles elles sont confrontées. Et c’est par la création artistique qu’elle espère atteindre son but. Au fil des ans, sa démarche est devenue internationale et ses œuvres se sont multipliées. Entre autres, on peut en voir un peu partout au Canada, mais aussi à Lyon, Oaxaca, Détroit, Pickle Lake.

 

La démarque artistique

La collaboration entre le CSCDGR et Mique Michelle permet de donner une voix aux élèves du Nord de l’Ontario, de développer leur sentiment de fierté envers leur identité et de faire naître des dialogues sur la discrimination, le racisme, les stéréotypes ainsi que l’appropriation versus l’appréciation culturelle.

 

Avant de sortir la peinture en aérosol, l’artiste prend d’abord le temps de présenter l’art du graffiti aux élèves. Elle les sensibilise également à la notion d’appropriation culturelle. Ensuite, ils discutent de leur intention de communication, de leurs idées, de ce qu’ils veulent exprimer. Pour la murale de l’ESCSM, les élèves ont choisi de raconter l’histoire de New Liskeard et de ses environs par le biais de différents symboles qui sont la continuité des ongles d’immenses mains. « C’est pour montrer qu’on est tous sur la même longueur d’ongles », précise Madame Michelle.

 

L’importance du mur

« Moi, je sais qu’au secondaire, si quelqu’un m’avait fait confiance pour mettre de la peinture sur les murs, je me serais approprié mon école un peu plus. J’aurais été plus fière. Je me serais sentie beaucoup plus respectée », explique-t-elle. En plus d’être permanent, le résultat sort quelque peu de l’ordinaire. Il est impossible de prendre une photo claire de l’ensemble de la murale puisque celle-ci s’étend sur plusieurs murs. Il n’y a ni sens unique ni cul-de-sac. C’est une murale à directions multiples, une œuvre indélébile qui marque un tournant important dans l’histoire de cette école secondaire de langue française qui fête, cette année, ses 50 ans d’existence.

 

Crédit photo: Jacinthe Bélanger

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Dominique Roy