Actualités, Arts & Culture

Le dernier tour de piste des Nonnes!

0 112

En janvier 2009, les Nonnes montaient sur scène pour la première fois après deux années de travail acharné et plus de 150 heures de répétition. Le succès des premières représentations a permis à cette troupe de poursuivre l’aventure pendant dix ans. Du Témiscamingue à la Suisse, en passant par l’Abitibi et l’Outaouais, ce sont près de 4 000 personnes qui ont pu voir cette comédie musicale jouée par Marie-Luce Bergeron, Joanne Bergeron, Manon Bergeron, Sophie Lance, Maude Allain et Anne Jodoin. Le weekend dernier, les Nonnes tiraient leur révérence avec une dernière série de trois représentations.

Les défis

Bien sûr, une production d’une telle envergure amène son lot de défis. Pour Réal Couture, metteur en scène, la principale préoccupation était d’assurer un bel équilibre entre les trois domaines artistiques présents dans cette comédie musicale. « Je crois que nous avons bien relevé ce beau défi grâce aux habiletés des filles, tant en chant qu’en danse et en jeu théâtral. De plus, on pouvait compter sur le grand talent d’Anne Jodoin au piano. Ce genre de défi n’est pas toujours facile à relever en théâtre amateur. Souvent, l’un ou l’autre des domaines est plus faible et cela provoque un déséquilibre. Je crois que nous avons réussi à éviter ce piège », mentionne-t-il.

Des souvenirs indélébiles

Cette odyssée est ponctuée de moments marquants. « C’est certain qu’un des moments forts de notre belle aventure fut sûrement notre présence en Suisse au Festival international de théâtre de la Tour de Peilz. L’autre moment fort c’est, à mon sens, notre participation à l’émission La petite séduction, se souvient monsieur Couture, qui parle également de la belle complicité qui s’est développée au sein de l’équipe ainsi qu’avec des personnes rencontrées lors de leurs diverses prestations.

Pour Joanne Bergeron, jouer devant les siens demeure à tout jamais gravé dans sa mémoire. « J’ai plusieurs merveilleux souvenirs de toutes ces années avec les Nonnes mais particulièrement quand nous avons joué au centenaire de St-Eugène-de-Guigues. Puisque notre famille Bergeron est originaire de l’endroit, c’était très émouvant pour nous de jouer dans l’église. Nous avons eu une pensée bien spéciale pour nos grands-parents, Roméo et Marie-Laure », raconte-t-elle. La comédienne, dont les expériences théâtrales sont nombreuses, parle de son personnage, Sœur Oubliette, qui restera un de ses préférés. « Un peu perdue, fofolle, comique à l’occasion, j’ai toujours tenté de la rendre attachante aux yeux du public. Je jouais aussi Marie-Annette, la marionnette. Disons que nous avons vécu, elle et moi, une relation amour-haine. N’étant pas une marionnettiste dans la vraie vie, j’ai dû passer des heures et des heures à la pratiquer pour la rendre la plus crédible possible. J’ai bien essayé à quelques reprises de la faire disparaître du spectacle, mais rien à faire, Réal l’avait prise en affection et tenait toujours à la voir sur scène. » Enfin, pour Joanne, cette aventure est aussi associée aux liens authentiques qui se sont tissés entre les comédiennes et au réel bonheur de côtoyer Réal Couture, le metteur en scène, et Jacinthe Lavigne, dont le rôle outrepassait celui des décors. « Elle soignait notre affectif », dit-elle avec reconnaissance.

Pour Manon Bergeron, ce fut une première expérience au théâtre. Elle savait qu’elle pouvait chanter et faire de petites chorégraphies, mais pour le jeu théâtral, elle n’en était pas certaine. C’est donc dans la peau de Sœur Liliane qu’elle a relevé le défi avec brio. Évidemment, la Suisse et les représentations lors d’événements au Témiscamingue font partie de ces beaux souvenirs, mais elle aime bien se souvenir d’une anecdote vécue à Duhamel, en Outaouais. « Notre loge était dans la sacristie de l’église et il n’y avait pas de salle de bains. On nous a donc apporté une petite toilette chimique de camping que nous avons installée à côté de plantes et de personnages bibliques en céramique. Nous avons tellement ri cette fois-là. On n’en revenait pas de ce que nous étions en train de vivre. »

Le dernier tour de piste… et la suite

« Chaque fois que nous terminions nos représentations, dans les dernières années, il y avait un petit quelque chose en moi qui disait que nous étions pour la jouer encore. Cette fois-ci, c’est bel et bien fini. On accroche définitivement nos cornettes. Je ne suis pas triste, puisque finir quelque chose, c’est aussi commencer quelque chose de nouveau. Je garde espoir que nous pourrons trouver une autre comédie musicale un jour et vivre à nouveau cette belle expérience qu’a été pour moi, pour nous, Les Nonnes », termine Manon Bergeron.

Parallèlement aux dernières répétitions des Nonnes, Réal Couture planchait aussi sur la pièce À la bonne aventure, une comédie de l’auteure québécoise Catherine Chevrot qui sera présentée au Théâtre du Rift les 30 et 31 janvier ainsi que le 1er février 2020. Cette fois-ci, le Théâtre de la Loutre réunit une troupe de douze comédiennes et comédiens du Témiscamingue dans laquelle de jeunes artistes de la relève en côtoient des plus expérimentés. À noter que Joanne Bergeron fait partie de la distribution. Effectivement, pour chaque fin, il y a toujours un nouveau départ.

About the author / 

Dominique Roy