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Le Guide Alimentaire canadien démystifié

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La réforme du Guide Alimentaire canadien a suscité plusieurs réactions depuis sa sortie. Plusieurs changements majeurs ont été apportés dans les groupes alimentaires, les portions ainsi que les habitudes qui entourent l’activité de se nourrir et ont ébroué les esprits. Ce remaniement se rapproche de ce que les nutritionnistes proposent depuis quelques années.

Les groupes alimentaires

Le Guide Alimentaire canadien n’avait pas subi de véritable réforme depuis plusieurs années et les nutritionnistes utilisaient déjà de moins en moins sa formule qui n’était plus représentative de la réalité. Une des grandes différences entre le précédent guide et le nouveau, c’est que les Canadiens ne mangent plus un arc-en-ciel. En fait, on a éliminé les quatre groupes alimentaires pour parler plutôt de fruits et légumes, d’aliments protéinés et d’aliments de grains entiers. Les produits laitiers contenant habituellement un apport intéressant en protéines ont été replacés dans les aliments protéinés. Toutes ces nouveautés sont en fait le reflet de la science actuelle. « Les produits laitiers n’ont pas besoin d’être sur un piédestal, ils sont un aussi bon choix que les légumineuses ou la viande pour une alimentation équilibrée », explique Roxanne Bertrand, nutritionniste. Elle pense que ce changement permettra une belle variété dans l’alimentation, entre autres dans le choix des collations.

Sans portions

Les portions ont également disparu. On parle désormais de proportions des différents aliments dans l’assiette; c’est-à-dire que la moitié de l’assiette devrait contenir des fruits et légumes, le quart de nourriture qui nous apporte des protéines et l’autre quart d’aliments de grains entiers. La boisson de prédilection, désormais, est l’eau. Dorénavant, les produits végétaux devront prendre une place très importante dans l’alimentation. « Après environ 11 ans de travail en tant que nutritionniste, je ne suis jamais parvenue à me souvenir en quoi consistait une portion et ce fonctionnement mettait beaucoup de pression sur ceux qui désiraient bien manger. D’après moi, la simplicité du nouveau guide en fera un outil qui sera beaucoup plus utilisé » partage Roxanne Bertrand. Le visuel de l’assiette est très clair et simple de compréhension pour monsieur et madame tout le monde de ce à quoi nos assiettes devraient ressembler. Cela fait longtemps que madame Bertrand invite ses clients à manger davantage de fruits et de légumes, chose maintenant prônée par le gouvernement également. Le nombre de nutriments nécessaire à chacun est très personnel. Le Guide Alimentaire représentait les portions nécessaires pour un citoyen moyen et ne prenait pas en compte sa forme physique, son âge, et plusieurs autres facteurs qui peuvent modifier l’apport en nutriments nécessaire. Il est plus important d’écouter nos propres signaux de satiété au lieu d’absorber une quantité spécifique recommandée.

Bonifier l’activité de manger

Les Canadiens sont aussi invités à changer leurs comportements alimentaires et de manger en bonne compagnie. « Ils avaient commencé à travailler sur cet aspect dans le dernier guide, mais peut-être que le message était trop subtil et avait moins été entendu. Cette fois-ci, on s’assure de mettre l’accent sur les habitudes qui entourent l’alimentation et non seulement les aliments eux-mêmes. J’étais très contente de ce nouvel aspect du guide » avoue Roxanne Bertrand. En effet, ils se sont fait un point d’honneur de rapporter l’importance sur l’activité globale de manger. L’alimentation est souvent vue comme quelque chose de fonctionnel, c’est-à-dire ne pas mourir. On oublie parfois qu’il s’agit aussi de quelque chose de social et de culturel. « Manger est une activité remplie de plaisirs qui nous permet de faire des découvertes. La science a même prouvé que, lorsque l’on mange en bonne compagnie, on est moins porté à trop manger parce qu’on est plus satisfait » spécifie madame Bertrand. Il est aussi conseillé de cuisiner le plus possible et de consommer les aliments les moins transformés possible. Ils mettent ainsi l’emphase sur des comportements très sains.

Manger santé sans se ruiner

Avec l’augmentation de la place des végétaux dans notre assiette, mais également la hausse de leur prix en épicerie, plusieurs craignent ne pas pouvoir suivre le Guide Alimentaire canadien pour des raisons financières. Roxanne Bertrand reste positive, mais rappelle que cela va demander du travail. « Nous devons changer nos habitudes et peut-être accepter une diminution de la variété dans nos assiettes. Il faudra choisir des produits locaux, de saison et suivre les spéciaux des différentes semaines. Les fruits surgelés et les conserves sont aussi de bonnes alternatives » détaille madame Bertrand. Acheter directement chez les producteurs locaux est une option à envisager, congeler ou mettre en conserve ses aliments peut aussi être une bonne idée. En profiter l’été pour se faire un petit jardin peut nous permettre d’avoir des légumes frais à moindre coût et de faire de belles réserves pour l’hiver. « Toutes les familles ont avantage à commencer à prendre ces différentes habitudes pour diminuer nos factures d’épicerie, car le prix des aliments continuera sûrement à augmenter chaque année. Cela pourra également nous permettre d’être plus à l’affût par rapport au gaspillage et d’acheter seulement ce qu’il nous faut » conseille Roxanne Bertrand. Être créatif, intelligent dans nos achats et utiliser tout ce que l’on a dans notre réfrigérateur nous aidera à ne plus perdre nos fruits et nos légumes et à manger bien à moindre coût.

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Claudelle Rivard