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Le Témiscamingue : L’essayer, c’est l’adopter

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Un peu plus tôt en janvier, monsieur Michel Chevrette, de Joliette, publiait ce statut Facebook :

« De 18 à 64 ans, ça fait bien 46 ans que je fréquente les sapins géants.

Il est maintenant temps de me retirer pour que d’autres personnes puissent découvrir cette merveilleuse région qu’est le Témiscamingue.

Je me suis épanoui dans votre région et j’ai vécu des moments palpitants.

La faune et la flore m’ont donné satisfaction. Les gens ont été très accueillants à notre endroit.

Les 684 kilomètres qui nous séparent n’ont plus de secret pour moi.

Je remercie mes voisins pour la sécurité que leur présence pouvait nous apporter.

Et un merci très spécial à la famille André Brisson qui nous a permis, à ma famille et moi, de vivre notre grande passion et de créer d’innombrables souvenirs. »

Monsieur Michel Chevrette était donc âgé de 18 ans lorsqu’il a mis le pied au Témiscamingue pour la première fois. Il a découvert la région grâce à un cousin qui avait dans son entourage des gens domiciliés à Joliette, mais qui étaient originaires du Témiscamingue.

Monsieur Chevrette nous a raconté que son aventure a débuté à Béarn en 1974, « au mont Sinaï, près du lac St-Amand, dans la cabane à Octave Bellehumeur, frère de Lactance, dit Pansu pour les intimes ».

Amateur de chasse et de pêche, cet homme s’est rapidement épris de notre vaste territoire paisible et de ses habitants. Il nous racontait qu’au fil des années, il a peu à peu avancé dans le chemin de Pénétration au fur et à mesure que celui-ci prenait forme, jusqu’au kilomètre 137 où il a finalement construit son chalet au début des années 2000.

Monsieur Chevrette nous a confié qu’il a attrapé son quota de poissons à chaque sortie de pêche effectuée, qu’il a pratiqué la chasse à l’ours et à l’orignal et qu’il a surtout profité de la tranquillité que le Témiscamingue pouvait lui offrir. Retraité à l’âge de 55 ans, il a passé 4 mois à son chalet la première année qui a suivi le début de sa retraite.

La route qui sépare le Témiscamingue de Joliette, il dit la connaître par cœur pour l’avoir parcourue à maintes reprises en voiture, mais aussi à moto. Parfois seul et parfois accompagné de sa conjointe et ses enfants, tous de grands amateurs de chasse et pêche également, il a saisi chaque occasion pour venir séjourner dans cette magnifique terre d’accueil qu’est notre région.

Il a même pensé s’établir ici à une certaine époque et nous racontait que Gloria Desrochers lui avait fait visiter des fermes. Ce projet a finalement été avorté mais, jusqu’à tout récemment, monsieur Chevrette n’a jamais cessé de fréquenter notre région, qu’il appelle sa deuxième maison. Parmi les gens qu’il a connu ici, il nous a nommé des Bellehumeur, des Trudel, des Gagnon, des Lepage, des Landry et, bien évidemment des Brisson, famille qui l’a généreusement accueilli à chacun de ses passages.

Parmi les anecdotes qui ont marqué ses nombreux séjours en sol témiscamien, Michel Chevrette se souvient de cette fois où il a été saisi de surprise devant un majestueux orignal, alors qu’il n’était pas du tout prêt à une telle rencontre. Il nous a décrit le grand mâle comme un mastodonte équipé de « portes d’armoires » en guise de panache. Le chasseur a été si ébloui par l’animal qu’il lui a rendu un hommage en écrivant une histoire à son sujet, L’orgueil du 137, où il s’est imaginé le récit de la vie de l’orignal, de sa naissance jusqu’à l’âge adulte.

Monsieur Chevrette a récemment vendu son chalet. Il y reviendra pour une dernière fois après la fonte des neiges pour y récupérer ses affaires. Il a cédé sa place à d’autres personnes originaires de Joliette qui pourront découvrir à leur tour cette région qu’il a affectionnée pendant tant d’années. Il a décidé d’entreprendre d’autres projets, plus près de chez lui. Toutefois, lorsqu’on l’écoute parler de l’attachement et de l’émerveillement qu’il éprouve pour le Témiscamingue, on ne peut que penser qu’il reviendra de temps à autre dans notre coin pour une petite visite.

Photos : Gracieuseté de Michel Chevrette

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Marjorie Gélinas