Actualités

Légalisation du cannabis : à quoi vous attendre?

0 72

Le 16 novembre dernier, Lucie Charlebois, ministre déléguée à la Réadaptation, à la Protection de la jeunesse, à la Santé publique et aux Saines habitudes de vie, présentait à l’Assemblée nationale, le projet de loi 157. Ce dernier vise à encadrer rigoureusement l’utilisation récréative du cannabis au Québec, qui devrait être légalisé le 1er juillet prochain par le gouvernement fédéral. En préambule, madame Charlebois déclare : « Depuis le départ, nous avons tenu à mettre en priorité la protection de la santé et la sécurité de la population et le projet de loi présenté aujourd’hui en est la preuve. En effet, nous avons pu déterminer collectivement ce que pourrait être l’encadrement du cannabis au Québec en tenant en compte des différentes préoccupations de la population. Je tiens également à souligner que l’encadrement rigoureux que nous proposons saura s’adapter en cours de route aux changements au sein de notre société ainsi qu’à l’évolution des connaissances scientifiques en ce domaine. »

Premier point important, celui de la création de la Société québécoise du cannabis. Ainsi, comme il avait souvent été envisagé auparavant, le cannabis ne sera donc pas vendu en SAQ mais dans des succursales affiliées. Concernant le Témiscamingue, il sera peu probable d’en voir une dès la légalisation, Québec annonçant l’ouverture de seulement 15 points de vente à travers toute la province dès juillet 2018 (soit moins d’un point de vente par région administrative). Il sera néanmoins possible d’acheter en ligne, la livraison se faisant contre signature d’une personne de 18 ans et plus (âge légal fixé pour la consommation).

Concernant l’espace public, il sera possible de fumer un joint, mais il sera assujetti aux mêmes règles que la cigarette : soit à au moins neuf mètres de la porte d’un établissement. Tout comme le tabac, les endroits suivants seront proscrits : abribus, terrain d’établissement de santé ou d’enseignement postsecondaire, terrasse de bars ainsi que terrain de jeux/sportifs.

Au volant, le message est clair, ce sera tolérance zéro, sous peine de révocation immédiate du permis de conduire pour 90 jours, si le test de salive est positif. Il faut savoir que le THC (substance psychoactive du cannabis) est détectable durant quatre à six heures dans la salive. Toutefois, les appareils détecteurs ne sont actuellement pas au point et le gouvernement espère qu’ils seront prêts pour juillet prochain. De plus, les experts expliquent qu’il est encore impossible de déterminer le niveau d’intoxication instantanée, le THC restant présent longtemps dans l’organisme, sans pour autant être actif.

Principal point où Québec diverge considérablement du gouvernement fédéral (et des autres provinces qui se sont déjà prononcées), celui de la culture à la maison. Là où le projet de loi d’Ottawa autorise la culture de quatre plants de marijuana à la maison pour consommation personnelle, le gouvernement Couillard l’interdit purement et simplement. Si le ministre Leitao s’est justifié en annonçant que « ça serait un cauchemar à appliquer », la ministre Charlebois a fourni des explications un peu plus nébuleuses, sur les ondes de Radio-Canada, prétextant qu’elle craignait que ses petits-enfants s’enfargent dedans ou bien que cette quantité permettrait aux gens d’être « gelés 24 heures par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par année » (Tout le monde en parle du 19 novembre).

Aux dernières nouvelles, la ministre fédérale de la santé Ginette Petitpas-Taylor, ne souhaitait pas commenter les divergences de points entre Québec et Ottawa, ni les répercussions que cela pourrait avoir

About the author / 

Guillaume Gonzalez