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Les Mamies du Midi cuisinent à Sainte-Marie

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Les mercredis avant-midi, depuis maintenant trois semaines, une odeur de soupe maison se répand dans les corridors de l’École secondaire catholique Sainte-Marie de New Liskeard. Ce parfum si réconfortant donne l’impression d’errer dans la cuisine de grand-maman. Mais au contraire, ce sont les mamies, armées de leurs marmites, qui s’emparent des cuisinières et des fourneaux pour offrir leurs recettes originales aux élèves de l’école.

Répondre à un besoin

Aucun traiteur de la région n’a répondu aux appels d’offres de l’ESCSM pour assurer la préparation des dîners. Le service de cafétéria est donc interrompu depuis maintenant deux ans. Quelques pourparlers ont eu lieu avec des restaurateurs, mais la complexité du projet n’a rien donné de concluant. Lors du semestre dernier, Madame Isabelle Peddie et ses élèves du cours d’alimentation ont pu offrir trois repas, mais encore là, il était compliqué d’arrimer l’horaire des cours à celui de l’heure du dîner. C’est donc avec beaucoup de bonheur que Les Mamies du Midi ont été accueillies.

Répondre à une invitation

C’est au mois de janvier, lors du Brunch des organismes de l’ACFO Témiskaming, que Madame Lise Breton a proposé son aide. « Moi, je voulais faire du bénévolat à l’école de mes petits-enfants, parce que j’ai du temps et c’est ma priorité », explique-t-elle. La directrice de L’ESCSM, madame Annik Boucher, lui a proposé de faire de la soupe maison une fois par semaine. L’idée lancée est rapidement devenue un projet réalisable. Madame Pauline Boucher fut approchée et celle-ci a tout de suite accepté de se joindre à l’aventure. Le nom « Les Mamies du Midi » s’est imposé de lui-même parce que madame Breton est la grand-mère d’Alexandre et de Marc-André Breton, et madame Boucher est la grand-mère de Nicholas Caron, trois élèves fréquentant l’ESCSM.

Surmonter les défis

Quand Lise Breton et Pauline Boucher sont entrées dans la cuisine pour la première fois, celle-ci était pratiquement vide. Dans le passé, c’était le traiteur en place qui fournissait tout l’équipement nécessaire, tant pour la préparation des repas que pour le service aux élèves. Pour Pauline Boucher, il était hors de question de servir les repas avec du styromousse. C’est grâce à la générosité de la communauté que la vaisselle dépareillée s’est empilée, au plus grand bonheur des mamies qui voulaient promouvoir une cuisine écologique.

Réaliser un projet intergénérationnel

Sur place, les deux dames reçoivent de l’aide. Trois élèves étaient à la recherche d’une occasion pour effectuer leurs heures de bénévolat qui sont obligatoires pour l’obtention du diplôme d’études secondaires de l’Ontario. Ceux-ci collaborent donc au service du repas. « Ça se passe très bien, à un point tel qu’il y en a un qui a fini ses heures de bénévolat et il revient quand même nous aider parce qu’il aime ça », raconte madame Boucher.

Aussi, la semaine dernière, deux élèves du programme AVIS ont participé à la préparation du repas. Ainsi, mesdames Breton et Boucher ont pu leur enseigner l’importance de la sécurité et de l’hygiène dans une cuisine. Rappelons que le programme AVIS est offert dans les écoles de l’Ontario pour les élèves affichant une déficience intellectuelle légère, un handicap de développement ou présentant un trouble envahissant du développement à tendance autistique.

Ressentir les bienfaits

Pour les mamies, ce projet est en quelque sorte un retour aux sources puisque toutes les deux ont œuvré dans le domaine de l’éducation. Elles parlent donc du deuil qu’elles ont dû faire lorsqu’elles ont pris leur retraite, du contact avec les jeunes qui leur manquait énormément et de cette nouvelle expérience qu’elles définissent comme une source de satisfaction, de gratification et de ressourcement. Elles sont fières d’offrir un service à leur image, c’est-à-dire moderne avec le tournant vert qu’elles ont choisi de prendre et traditionnelle avec leurs bonnes recettes de grand-mère.

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Dominique Roy