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L’extraordinaire aventure de Matika Lauzon

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Matika Lauzon a quitté Temiskaming Shores en 2008 pour étudier à l’Université d’Ottawa, institution où il a obtenu un baccalauréat avec double majeure en science politique et histoire. Son parcours postsecondaire lui a permis de vivre des expériences des plus enrichissantes et de développer des relations qui l’ont conduit dans un univers professionnel des plus atypiques, à l’image de l’homme curieux, entreprenant, fonceur et aventureux qu’il est.

D’une opportunité à l’autre

Lors d’une soirée karaoké à Ottawa, il rencontre un ami qui travaille pour Citoyenneté Immigration Canada. Entre deux chansons, celui-ci lui mentionne que son département est à la recherche de gens désirant travailler en soirée pour faire des visas. Ayant déjà effectué un stage pour le sous-ministre de Citoyenneté Immigration Canada alors qu’il était à l’université, Matika profite de cette occasion de travail pour réseauter à nouveau avec les gens influents de ce bureau. Une fois le contrat terminé, il patauge d’un emploi à l’autre jusqu’à ce qu’on le rappelle et qu’on lui offre celui d’assistant au chef de cabinet du sous-ministre.

Son implication dans le milieu l’amène à participer au Programme Ship for World Youth, un programme unique financé par le gouvernement du Japon qui consiste à regrouper de jeunes leaders mondiaux sur un navire pour promouvoir et découvrir le Japon, mais aussi pour les préparer à travailler et à prospérer dans un monde globalisé de communautés diversifiées. De fil en aiguille, cette aventure vécue au Japon intensifie son désir de découvrir la Chine, rêve qu’il chérit depuis l’université.

Un ami lui parle de sa tante à la recherche d’enseignants d’anglais pour sa petite école privée en Chine. En mai 2017, il se lance dans l’aventure. « Je vivais dans une grande maison standard chinoise et j’avais une salle pour ma classe. Il y avait jusqu’à 30 élèves âgés de 5 ans à 11 ans. » Pour diverses raisons, la relation avec la tante de son ami se détériore après quelques semaines. Au lieu de partir, il décide de rester en Chine. « Je voulais prendre le temps de mieux connaître les Chinois et leur manière de penser », explique-t-il. Il cumule alors les contrats d’enseignement en anglais ici et là, au privé, au public et en entreprises, avec des enfants, des adolescents et aussi des adultes. C’est surtout en Chine que Matika vit en 2017 et 2018, parsemant le tout de quelques séjours au Canada.

Un mode de vie différent

Quand Matika parle de son expérience en Chine, son discours se ponctue de virgules et de parenthèses, ses phrases n’ont plus de points et ses anecdotes s’enchaînent à un rythme effréné. Il se rappelle les soirées passées dans les bars à chanter au karaoké en mandarin. Il exprime sa fierté de lire et de comprendre les caractères chinois. Il décrit le quotidien pratico-pratique adapté à la surpopulation. Il s’émerveille de la curiosité des Chinois envers les étrangers en spécifiant qu’ils connaissent peu le Canada, mais qu’ils questionnent énormément pour en apprendre davantage.

Il compare aussi la manière de penser des Chinois qui diffère de la nôtre. Entre autres, certains sujets de discussion sont à éviter, surtout lorsqu’il s’agit de politique et de corruption. Les Chinois s’éloignent également de la critique, puisque pour eux, il y a du bon et du mal dans toutes les situations, une phrase qu’ils expriment en disant « you hao, you huai ». Le peuple refuse également de répondre aux nombreux Pourquoi? que l’on pose constamment, un grand choc culturel pour Matika qui cherche trop souvent à comprendre le pourquoi de certaines situations ou décisions. Chaque fois, on lui répond « meiyou weishenme », ce qui signifie « pas de pourquoi ».

Un séjour temporaire au Canada

De retour à Temiskming Shores depuis 2019, la Chine fait encore partie de son quotidien puisqu’il offre des cours d’anglais à distance pour les employés d’une entreprise chinoise. Dans deux mois, il retourne là-bas pour honorer un contrat avec EF – English First, une institution de langue qui possède 300 écoles à travers la Chine. Son rêve est celui de devenir entrepreneur, de travailler dans l’import-export. « Il y a une méconnaissance de la Chine. Ce que l’on sait de ce pays provient des médias et c’est souvent biaisé », mentionne celui qui songe à mettre son plan entrepreneurial à exécution pour créer un pont entre la culture chinoise et la culture canadienne.

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Dominique Roy