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Mener le bal ou suivre le bal?

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Comme chaque fin d’année scolaire, le bal devient l’événement tant attendu pour les finissantes et les finissants. Pour certains, ce moment est un soupir de soulagement. C’est la pression qui s’envole et le stress qui fugue pour une période de quelques semaines. Pour d’autres, la compétition bien incrustée ne semble pas prête à recevoir son 4%. Les études sont terminées, mais la concurrence en incite plusieurs à se fendre en quatre pour être tirés à quatre épingles. Valérie Lalonde en témoigne. Le 30 juin dernier, elle avait pour mandat d’accompagner une finissante dans une voiture d’époque. « J’ai vécu l’arrivée des finissants de Marcel-Raymond. Oufff! J’ai de la pression pour l’arrivée de ma fille, l’an prochain », confie-t-elle. Mais cette pression, est-ce une question de tradition? Un choix personnel? Qui en est à l’origine? Les parents? Les pairs? La société?

Quelques entrevues menées auprès de directions d’école de la CSLT permettent de croire que l’image projetée par les Cendrillon et les princes charmants n’est pas l’œuvre du milieu scolaire. Marc Gaudet, directeur à Marcel-Raymond, avoue que l’investissement de certaines familles peut être très important. Par contre, la simplicité volontaire est aussi à l’honneur puisque certains garçons portent des habits appartenant à leur père ou à leur oncle. L’école fait également la promotion de Les Fées des finissants du Témiscamingue, un regroupement qui prête des robes, des habits, des bijoux et des souliers pour les finissantes et les finissants sur tout le territoire du Témiscamingue, en plus d’offrir les services d’une coiffeuse et d’une esthéticienne. « On existe depuis 3 ans et demi, et on habille gratuitement environ une dizaine ou une douzaine de finissantes et de finissants chaque année. Certains font appel à notre service parce qu’ils n’ont pas nécessairement les moyens de s’offrir tout ça et d’autres parce qu’ils trouvent ça inconcevable de payer 800$ pour un bal des finissants », explique Isabelle Massicotte, une des fées responsables.

Marie-Luce Bergeron, directrice de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle au Centre Frère-Moffet et au Centre l’Envol, avoue que les sommes investies sont moindres en formation générale et en formation professionnelle. « Les élèves adultes arrivent généralement bien vêtus, quelques robes d’un peu plus d’envergure, mais sans plus », mentionne-t-elle en ajoutant que certains utilisent aussi le service de Les Fées des finissants du Témiscamingue. Depuis trois ans, leur cérémonie de remise des diplômes se fait au Rift, réunissant ainsi tous les diplômés de la formation générale de la formation professionnelle du Centre Frère-Moffet et de ses pavillons, à l’exception de l’Envol qui conserve son événement à Témiscaming. Pour madame Bergeron, réunir tout ce beau monde permet de mettre davantage l’accent sur la fierté, la persévérance et la réussite des diplômés, peu importe le parcours et les embûches. C’est la priorité.

Jacques Robert, conseiller en orientation, directeur et enseignant à Marcel-Raymond, a assisté à presque tous les bals des finissants de 1981 à 2003. Ce n’est pas tant le côté jet-set et bling-bling de l’événement dont il se rappelle, mais plutôt des princesses et des princes, un peu, pas mal éméchés. Il est d’ailleurs à l’origine de l’initiative du bal sans alcool. Que des drinks, des bières et des vins non alcoolisés étaient servis. « Le bar a fait faillite, mais ce dont je suis le plus fier, c’est qu’aucun élève ne partait en état d’ébriété, à ce que je sache », raconte-t-il.

Aujourd’hui, l’école s’occupe de la cérémonie protocolaire de la remise des diplômes, la partie où la toge et le mortier font partie de la tenue exigée. Pour la suite, la responsabilité est maintenant confiée aux élèves et à leurs parents. Le bal est donc dans leur camp!

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Dominique Roy