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Mikinak : un nouveau jeu de société autochtone

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Depuis trois ans, la conception d’un jeu de société trottait dans la tête de Danielle Desjardins et de Frank Polson. 2019, proclamée Année internationale des langues autochtones, devenait donc le moment propice pour promouvoir la culture Anicinabe et la langue Anicinabemowin, ainsi que pour donner naissance à ce projet qui est en quelque sorte une revitalisation des enseignements traditionnels et un hommage à la sagesse ancestrale. Mikinak signifie « tortue » en algonquin.

L’équipe

Danielle Desjardins est enseignante en milieu autochtone depuis plusieurs années. La culture autochtone, elle s’y intéresse depuis toujours. Ses temps libres, elle les consacre à la promotion de l’art et de la culture Anicenabe. Elle est donc la Témiscamienne qui se cache derrière la conception et la recherche du jeu Mikinak. Celui-ci s’accompagne d’un livret explicatif dont elle est l’auteure. Quant aux illustrations, elles sont l’œuvre de l’artiste Frank Polson, membre de la Première Nation de Long Point. Sa carrière est des plus florissantes avec ses 3 000 peintures originales ainsi que ses expositions et ses projets qui se succèdent à travers le Canada. Fier de ses origines autochtones, Frank Polson en est devenu un véritable ambassadeur. Il utilise l’art à son meilleur pour atteindre son objectif, soit celui de construire des ponts entre les cultures, d’inspirer la jeunesse et d’ouvrir les portes à la relève artistique.

Le jeu

Mikinak est simple et accessible pour tous. Le boîter comprend une table de jeu, un dé ainsi que quatre pions de pierre. Chacun des quatre joueurs (nombre idéal recommandé) place son pion sur la tête de la tortue. À tour de rôle, chacun lance le dé. Il faut tomber sur le 1 pour commencer sa course. Ensuite, il suffit de lancer le dé pour avancer. Tomber sur une case verte signifie qu’il faut reculer à la case indiquée par la légende. Les cases représentées par les quatre couleurs de la roue de médecine permettent d’avancer plus rapidement. Et les bulles de dialogue, quant à elles, invitent à raconter une histoire vécue ou à partager un souvenir ou une leçon de vie sur le sujet imposé. Le grand vainqueur de la partie est le premier joueur à atteindre la 13e Grand-Mère Lune avec le nombre exact correspondant aux cases restantes pour l’atteindre.

La culture, les traditions et les enseignements

Tout au long de son parcours, le joueur se familiarise avec le calendrier des Treize Grands-Mères Lunes, les Sept Grands-Pères, connus comme étant les Sept Enseignements Sacrés, ainsi que la Roue de Médecine, le tout étant illustré par l’artiste Polson. D’ailleurs, en 2018, ses œuvres, soit la série Les treize enseignements de Grand-Mère Lune, furent immortalisés sur des pièces de monnaie, une collection spéciale de la Monnaie royale canadienne. Le livret qui accompagne le jeu explique la signification de chacune des œuvres faisant partie intégrante de la table (en français et en anglais). Quant aux bulles de dialogue qui invitent à prendre la parole, elles font référence à la communication orale et auditive qui est au cœur des traditions autochtones. Cette tradition narrative des anciens, elle s’appelle le Dibaajimowin.

Le jeu est édité par les Éditions En Marge de Rouyn-Noranda. Une vidéo promotionnelle fut lancée sur YouTube le 8 décembre dernier. Il est possible de la visionner en inscrivant « Jeu Mikinak Game » dans un moteur de recherche. Les endroits où le jeu est disponible sont énumérés à la fin de la vidéo. En autres, au Témiscamingue, il est possible de l’acheter à la Galerie du Rift (68 $).

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Dominique Roy