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Nouvelle rupture de service à Ville-Marie

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À compter du 3 novembre prochain et pour un total de 34 semaines (soit plus de la moitié de l’année), il n’y aura aucun anesthésiste à l’hôpital de Ville-Marie. Le Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue dit avoir travaillé le plus possible pour remédier à ce problème et assure de continuer à travailler dessus. C’est la 2e fois que ce service subit une interruption cette année, cependant la longueur annoncée de celle-ci suscite de nombreuses inquiétudes. « On est dans un processus où on se promène de crise en crise, de façon spontanée, mais régulière. Ça crée une espèce de banalisation à l’intérieur de la région, du fait que les Témiscamiens doivent se déplacer pour avoir des soins. C’est très insidieux, vicieux et dangereux à mon sens », s’inquiète Paul-Émile Barbeau, citoyen témiscamien et médecin à la retraite. En effet, ce dernier pense qu’avec cette rupture, les gens informés ne se dirigeront plus en premier lieu à l’hôpital de Ville-Marie pour être traités. L’effet pervers qui risque d’arriver, c’est qu’à terme, une statistique démontrant la faible utilisation du service vienne justifier sa coupure complète.

Autre dossier brûlant en cours, celui de la hotte. Là encore, monsieur Barbeau estime que la situation ne fait que se faire balloter dans tous les sens : « D’un côté, on a le PDG qui nous dit de ne pas nous inquiéter, que la hotte va rester. De l’autre, on fait des réunions avec le personnel en leur disant : préparez-vous, la hotte va fermer! ». La dernière inspection de l’Ordre des pharmaciens indique qu’elle n’est plus complètement conforme, mais elle n’est pas à risque. Après vérifications, un investissement de 300 000 $ pourrait la rendre conforme et sans même avoir à l’interrompre. Monsieur Barbeau assure que l’Ordre des pharmaciens serait très compréhensif et négociable à l’annonce d’un plan de rénovation de la hotte, mais il reste persuadé que le but caché du CISSSAT est de la fermer définitivement pour rapatrier le service dans le budget de la pharmacie de Rouyn-Noranda. Rappelons que la hotte est une partie de la pharmacie de l’hôpital qui sert à faire certaines substances, telle que la préparation de chimiothérapie pour l’oncologie, la préparation de certaines solutions injectées en épidurale ou encore des antibiotiques.

« Je pense qu’on est dans une période difficile. On a un devoir civil de se rassembler et de se poser les questions : quelles sont nos façons d’avoir les véritables réponses? Et quelles actions doit-on prendre? Le problème c’est le système de santé, c’est lui qui est malade. Alors il faut faire un diagnostic et établir un traitement. Nous ne sommes pas en train d’être des chasseurs qui veulent trouver absolument un nom pour un coupable, c’est le système qui est coupable. On est traités comme des citoyens de seconde zone, c’est inacceptable! », martèle le médecin retraité.

Dans cette optique, monsieur Barbeau lance un appel citoyen à se réunir lundi 23 octobre, avant le débat des candidats à la préfecture, dès 17h dans les locaux de la Société de Développement à Ville-Marie. Toute la population est conviée.

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Guillaume Gonzalez