Actualités

Des pompiers qui ont le feu sacré

0 3111

Depuis le début du mois de juillet, de nombreux incendies font rage au Témiscamingue, ainsi que dans d’autres régions du Québec et de l’Ontario. En date du 18 juillet, le site Internet de la SOPFEU répertorie sept incendies en activité sur le territoire du Témiscamingue, affectant ainsi une superficie estimée à 257,2 hectares. À l’heure actuelle, l’un d’entre eux est contenu alors que les six autres sont maîtrisés. Des équipes de pompiers forestiers provenant de différentes provinces canadiennes sont venues en renfort pour soutenir le travail de la SOPFEU. Au Témiscamingue, ce sont 80 pompiers de la Colombie-Britannique et 20 pompiers de la Saskatchewan qui travaillent 15 heures par jour pour maîtriser la situation. Ils sont divisés en trois équipes qui se répartissent le territoire témiscamien à couvrir.

Mario R. Desrochers de Fabre est le conducteur des Autobus Maheux qui a pour mandat d’assurer le transport d’une équipe qui œuvre actuellement non loin du chemin Topping à Laniel.

Dans le feu de l’action

Tous les matins, depuis plus d’une semaine, il est au Motel Louise de Ville-Marie dès 5 h 30 pour embarquer l’équipe constituée d’une vingtaine de pompiers provenant de l’Ouest canadien et la conduire sur les lieux de l’incendie. Il doit rester sur place jusqu’à la fin de la journée. « Je suis vraiment choyé parce que je peux les voir à l’œuvre et je suis vraiment impressionné par tout le travail qu’ils accomplissent. Ce sont des gens qui travaillent fort et il faut le souligner. Ils font 15 heures par jour. En plus de la chaleur de l’incendie, ils travaillent au gros soleil. Ils ne sont presque jamais à l’ombre. C’est un travail très physique et aussi très dangereux. Ils tassent des grosses roches pour s’assurer qu’il n’y ait pas de danger de feu. Ils rentrent leurs mains dans le sol pour faire des vérifications et se brûlent. Ils marchent sur de longues distances avec les « hoses » et les pompes. Et quand ils arrosent, ils ne s’arrêtent pas pour manger. Ils mangent en travaillant. Il faut vraiment le voir pour réaliser l’ampleur de leur travail », explique Mario R. Desrochers qui mentionne aussi la présence, la force physique impressionnante et l’endurance des pompières qui font partie de cette équipe.

Même s’il ne peut pas avoir accès directement au site, question de santé et de sécurité, monsieur Desrochers participe tout de même à quelques tâches. D’ailleurs, il a eu la chance de servir de cobaye. Il a joué le rôle d’un blessé que les pompiers ont transporté sur la civière jusqu’à l’hélicoptère. « Parce qu’à travers tout leur travail, ils ont aussi préparé le terrain pour l’atterrissage de l’hélicoptère et pratiqué l’évacuation d’urgence. »

Le conducteur d’autobus parle également du laborieux travail de logistique qui se cache derrière tout ça, notamment en ce qui concerne l’hébergement et la restauration. Selon monsieur Desrochers, l’hébergement affiche complet à Ville-Marie, et certains pompiers sont même logés à Notre-Dame-du-Nord. L’équipe qu’il conduit déjeune et soupe au Motel Louise de Ville-Marie. Les repas du dîner quant à eux sont préparés par l’équipe du Provigo de Ville-Marie. Ce sont quelque 110 repas qui sont préparés chaque jour par cette épicerie pour nourrir les équipes.

Monsieur Desrochers se dit également impressionné par l’attitude des pompiers. « Le soir, quand ils entrent dans l’autobus, ils sont complètement noirs et parfois même trempés. Ils ont travaillé fort pendant 15 heures. Ils sont de bonne humeur. Ils rient. Même après leur journée de travail, au restaurant, quand ils ont fini leur repas, ils aident les serveuses à débarrasser les tables pour laisser la place rapidement à la prochaine équipe qui s’en vient manger. Je n’ai jamais vu ça et il faut que les gens du Témiscamingue sachent que ces pompiers-là, ils sont vraiment exceptionnels. »

D’ici peu, ces superhéros retourneront chez eux, dans l’ouest, mais décidément, ils auront laissé une marque indélébile dans le cœur de Mario R. Desrochers qui parle de leur courage, leur ténacité, leur enthousiasme, leur endurance physique et leur joie de vivre avec beaucoup d’admiration. Une fois ce contrat terminé et l’équipe reconduite à l’aéroport de Val-d’Or, M. Desrochers n’espère qu’une chose : « Mon cadeau, ce serait d’être appelé pour rejoindre les pompiers dans le Nord. »  Aller au feu! Voilà une expression qui prend maintenant tout son sens pour ce Témiscamien qui vit actuellement une expérience des plus marquantes.

About the author / 

Dominique Roy