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Pompiers recherchés

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Le 5 novembre, la Régie intermunicipale de la sécurité incendie du Témiscamingue (RISIT), qui regroupe les pompiers volontaires de Ville-Marie, Lorrainville, Béarn, Duhamel-Ouest, Saint-Édouard-de-Fabre et Saint-Bruno-de-Guigues, lançait officiellement sa première campagne de recrutement. Pendant tout le mois de novembre, les trois slogans « Sois dans le feu de l’action », « Ose l’uniforme » et « Fais la différence » prennent d’assaut les médias et les réseaux sociaux.

Il y a trois ans, les municipalités du secteur centre ont choisi de regrouper leur service incendie pour former la RISIT. C’est par manque d’effectifs et pour assurer une certaine équité au niveau de la facture à payer que cette régie fut formée. « Depuis la formation de la Régie, on n’a jamais eu de recrutement officiel, et comme partout ailleurs, les brigades incendie vivent une pénurie de main-d’œuvre. Notre taux de roulement est de 10 %, ce qui veut dire que sur 10 pompiers, on en perd au moins deux par année. On avait pris un peu de retard dans tout ça, donc on s’est dit qu’une campagne de recrutement serait une bonne chose à faire », mentionne Francis Gingras, directeur incendie de la RISIT.

Actuellement, ce sont environ soixante pompiers volontaires qui font partie de la RISIT et le regroupement espère en recruter au moins une vingtaine. « Par exemple, à Fabre, on a juste deux pompiers qui habitent là. Si les deux ne sont pas là au moment d’un incendie, ça veut dire qu’il n’y a personne pour déclencher l’alarme. C’est sûr qu’il nous en faut plus que ça, au moins 6 ou 7. C’est comme à Ville-Marie. On n’a pas beaucoup de pompiers. On serait vraiment mal pris si un incendie avait lieu à l’hôpital ou dans une garderie, par exemple », explique M. Gingras.

Critères

« Pour devenir pompier à la RISIT, il faut, entre autres, être âgé d’au moins 16 ans, résider sur le territoire desservi par l’organisme, être prêt à dépasser ses limites, aimer le travail d’équipe et le travail avec le public, désirer s’impliquer dans sa communauté, être en bonne santé et en bonne condition physique, avoir la capacité de travailler sous l’effet du stress et posséder une facilité d’adaptation, être prêt à suivre de la formation et à participer à des entraînements », peut-on lire sur le communiqué de presse. Selon Francis Gingras, c’est la formation qui en rebute plusieurs. « Les gens sont occupés. Ils ne veulent pas nécessairement passer des fins de semaine à suivre des cours. » Pourtant, il se veut rassurant, puisque différentes options sont offertes. La formation de base peut avoir lieu de façon traditionnelle, soit dans un local avec un instructeur, ou il est possible de la faire en ligne, de chez soi, selon son horaire.

« On ne se le cachera pas. Souvent, ce sont les manuels qui sont intéressés par le métier de pompier. Le côté plus théorique de la formation les intéresse moins, mais nous, on est là pour les accompagner là-dedans. On leur offre de l’aide du début jusqu’à la fin. Ce n’est pas vraiment une formation difficile. Il faut juste la faire. Et une fois que c’est fait, le pompier est prêt pour aller sur le terrain. S’il le veut, il peut suivre d’autres formations pour se spécialiser, comme pour la désincarcération, par exemple, mais ce n’est pas obligatoire. » De plus, le pompier reçoit un salaire pour chaque heure passée à se former. Il en est de même lors des interventions. M. Gingras insiste également sur le fait que les femmes ont leur place dans le milieu et qu’elles sont les bienvenues. Il espère que plusieurs d’entre elles se joindront à l’aventure.

Au moment d’écrire ces lignes, la campagne de recrutement est lancée officiellement depuis à peine 24 heures et déjà, deux candidats potentiels ont manifesté leur intérêt. C’est de bon augure. « On aimerait faire la campagne chaque année, mais c’est le bilan à la fin du mois qui nous dira vraiment si on la refait ou pas », termine Francis Gingras.

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Dominique Roy