Actualités, Cahier Agroalimentaire

Produire ses propres porcs pour une charcuterie encore plus fine

Plusieurs l’avoueront, ils ont appris l’existence des porcs laineux lorsqu’ils ont su que Bernard Flebus en élevait à Moffet. Mais qu’est-ce qui a bien pu motiver l’ancien chocolatier, ex-politicien à se lancer dans une telle aventure.

Peu à peu, le Témiscamingue avait vu, au fil des décennies, ses fermes familiales prendre de plus en plus d’envergure, atteignant des proportions se rapprochant parfois d’une forme d’agriculture industrielle. En ce sens, Bernard Flebus a quelque peu ramé à contre-courant en acquérant ses porcs mangalica, des chevaux, des lapins, des poules, et en développant une plantation de noyers sur la ferme de 670 âcres située à Moffet, acquise en copropriété avec sa conjointe, Jannet Zavaleta.

« Il faut s’écouter soi-même, a-t-il fait remarquer. Il ne faut jamais écouter les gens qui disent que tu vas te planter. Il ne faut pas avoir peur de foncer, d’innover. »

Nouvel élevage

Le porc laineux, ou mangalica, est une race ou un type de porc qui pourrait être apparenté au sanglier. Les premiers spécimens introduits sur la ferme de Bernard Flebus à Moffet ont pratiquement traversé le Canada dans un périple qui relève quasiment de l’épopée.

« J’ai découvert cet animal par l’entremise de mon ami François Valet, a indiqué monsieur Flebus. Le plus proche élevage se trouvait en Alberta, sinon, il fallait s’en procurer aux États-Unis, ce qui devenait plus complexe. Les producteurs les ont livrés New Liskeard, par transport spécialisé. C’est un genre de navette qui fait le trajet une fois semaine. Les employés  ont l’obligation de  nourrir les animaux et d’en prendre soin tout au long du trajet. Nous sommes par la suite allés les récupérer en Ontario pour les rendre à Moffet. »

Particularités

Le mangalica est vieille race originaire de la Hongrie. Selon Bernard Flebus, ce n’est pas un animal très productif, tant au niveau du nombre de porcelets, de six à huit, qu’au niveau de la prise de poids, il arrive à maturité à 12 ou 18 mois. Ce qui est relativement long comparativement au cochon rose industriel qui donne naissance à 15 porcelets et plus qui peuvent eux-mêmes être abattus autour de six mois plus tard.

« Comme la croissance du mangalica est lente, il développe du gras intramusculaire ou une viande persillée, a-t-il précisé. Son gras contient des oméga 3 comme le gras de canard. Ce qui est très intéressant aussi pour la charcuterie que je souhaite développer. Pour ma part, je les nourris à l’orge, ce qui donnera un goût encore plus fin à la viande. »

L’élevage du mangalica s’inscrit dans un projet de création de variétés de charcuteries. Pour Bernard Flebus, sa démarche contribue aussi d’une manière à redonner de la vitalité à  l’Est témiscamien. « Je me rends à Moffet chaque jour, a-t-il noté. Quand je travaille sur la ferme, je vais manger À L’Étoile de l’Est, je fais le plein d’essence à Latulipe. Que ce soit à petite échelle ou à grande échelle, un producteur contribue au milieu, et chacun doit respecter les mêmes règles du MAPAQ et de l’environnement. »