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Produits régionaux : la pointe de l’iceberg en retombées économiques

Bien malin celui qui fixera des chiffres sur les retombées de produits régionaux dans l’économie témiscamienne. Les dernières données liées à ce secteur d’activité remontent à 2012. Chose certaine toutefois, l’effervescence autour de ces produits ne se dément pas tant chez les consommateurs que chez les entrepreneurs.

Parlez-en au propriétaire du Provigo Denis Nolet à Ville-Marie. Il a choisi voilà quelques années de leur aménager une place de choix sur ses étals. « Nous avons déjà fait le décompte alors que la croissance des ventes était constante et nous avions atteint le million, il y a quelques années, a relaté monsieur Nolet. Si nous refaisons l’exercice, ce serait toujours autant sinon plus. » En plus de sa section dédiée aux produits régionaux, une seconde section de produits saisonniers s’ajoute l’été.

Quelques chiffres

Actuellement, le MAPAQ effectue une mise à jour de ses données liées à l’agrotransformation en région. Les données les plus récentes compilées dans ce secteur par différents partenaires remontaient à 2012. Le Témiscamingue comptait alors 23 des 82 entreprises de transformation alimentaire recensées dans la grande région de l’Abitibi-Témiscamingue, soit plus de 25 %.

Néanmoins, les entreprises de transformation ne seraient que la pointe de l’iceberg au niveau des retombées. À titre d’exemple, chez Chocolats Martine, en plus des 15 employés, trois courtiers sont liés à l’entreprise, et ceci, c’est sans compter les emplois où les produits sont distribués.

Même son de cloche chez La Fromagerie au Village qui compte 18 emplois à la fromagerie et deux livreurs à temps partiel. « Parmi les autres retombées générées par l’entreprise, nous pouvons ajouter deux livreurs de pain qui distribuent aussi nos produits dans le secteur Sud, les camions de lait, le transport avec Ben Deshaies, a énuméré Christian Barrette. Les collaborations avec Ferme Lunick et la Maison des viandes de Rouyn-Noranda pour la livraison, et aussi une personne qui gère les commandes du côté ontarien en collaboration avec Miel Abitémis sont des exemples concrets de retombées. »

Source intarissable

Et cette source d’activités engendrée ne semble pas près de se tarir : l’intérêt des entrepreneurs pour se lancer dans ce secteur d’activité ne se dément pas plus que celui des consommateurs. À titre d’exemple, selon Nadia Bellehumeur et Simon Rétif, respectivement directrice générale et conseiller en entreprise à la Société de développement du Témiscamingue, au moins entre sept et 10 entrepreneurs soumettent des projets de transformation agroalimentaire chaque année. Par contre, seulement 25 à 30 % des projets soumis se concrétisent.

« La complexité de mise en marché, de distribution, des règlementations, peur devenir un frein pur certain, a constaté madame Bellehumeur. Par contre, la promotion, la sensibilisation que nous faisons des produits et la réponse des consommateurs sont un bel indice que ce secteur de l’économie continuera de se développer. »

Denis Nolet, du marché Provigo est bien de cet avis. «Je ne dirais pas que la vente de ces produits a créé un emploi supplémentaire à mon épicerie, a-t-il conclu. Mais elle contribue certainement à en maintenir plusieurs dans des entreprises locales. Ici, c’est le miel Abitémis qui est le plus vendu. En été, les fruits et légumes que nous vendons ont pratiquement tous été cultivés localement. C’est ça de moins qui provient de l’extérieur.»