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Projet de station de lavage de bateau

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L’organisme des bassins versants du Témiscamingue travaille présentement à sensibiliser les plaisanciers au lavage de bateaux. Il s’agit de prévenir la propagation d’espèces aquatiques envahissantes présentent dans plusieurs lacs ontariens et dans une dizaine de lacs à proximité de Rouyn-Noranda.

Le projet :

C’est en guise de prévention que l’OBVT tenait une station de lavage pour faire des démonstrations à l’île du Long Sault, les 16 et 17 mai derniers, à l’occasion de l’ouverture de la pêche. À l’aide d’un dispositif de lavage à pression, la communauté de Wolf Lake First nation et l’OBVT ont assuré la visibilité du projet. Ultimement, l’objectif serait d’implanté des stations de lavage à des endroits stratégiques comme dans les pourvoiries, les ZECS, les municipalités où il y a un débarcadère, etc. On vise également l’établissement d’une station permanente le long de la route 117 et une à l’île du Long Sault, dirigée en partenariat avec l’Algonquin Canoe Campany qui est placé à un endroit stratégique pour intercepter les détenteurs d’embarcations aquatiques. Une station mobile se promènera au Témiscamingue cet été afin de sensibiliser les gens au lavage de leur bateau lorsqu’ils passent d’un lac à l’autre. Beaucoup de travail reste à faire à cet effet, mais l’OBVT sent une volonté collective d’assurer un bon maintien de la santé des cours d’eau.

En prévention de quoi?

Le lavage de bateaux est la solution la plus efficace contre la prolifération d’espèces aquatiques envahissantes dont les plus susceptibles de se retrouver dans nos cours d’eau sont le myriophylle à épis, le cladocère épineux et la puce d’eau en hameçon. Le myriophylle à épis est une espèce très présente dans le lac Nipissing, situé en Ontario, tout près de la frontière québécoise. Selon Pierre Rivard, directeur général de l’OBVT, « cette espèce florale s’étend rapidement et étouffe d’autres espèces indigènes. Elle peut se reproduire à partir du fractionnement de la tige, de façon asexuée, ce qui fait que l’invasion est rapide et qu’un seul fragment peut amorcer le peuplement de l’espèce. »  C’est également une plante vivace, donc elle survit aux hivers grâce à l’enfouissement de ses racines.

Les deux autres espèces, le cladocère épineux et la puce d’eau en hameçon, sont de petits crustacés aquatiques dont le danger réside également dans leur reproduction rapide. Ils sont susceptibles de bouleverser l’écosystème d’un bassin versant. Les enjeux sont nombreux en cas d’invasion, aux dires du directeur général de l’OBVT. « Les impacts environnementaux, sociaux et économiques sont considérables. La perte de valeur des habitations riveraines, l’impossibilité d’utiliser son embarcation à cause d’une prolifération incontrôlée de plantes et d’animaux exotiques, la menace pour la biodiversité ou les impacts sur la santé humaine ne sont que quelques exemples qui concernent tous les amants de la nature », indique-t-il par voie de communiqué. L’importance de la prévention par le lavage de bateau y puisse donc toute son essence.

Le projet s’est principalement développé dans le coin de Témiscaming, mais tentera de s’étendre à l’ensemble de la région si la réceptivité des partenaires potentiels est bonne. Les principaux collaborateurs actuels sont les municipalités de Kipawa et Témiscaming, la communauté algonquine de Wolf Lake First Nation, le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, le parc national Opémican, mais aussi l’association des riverains du lac Tee. Ce projet est aussi assuré par la stratégie régionale de lutte contre les espèces envahissantes, dirigé par le conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue.

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