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Projet Énergie Est : Préservons la beauté du Témiscamingue

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C’est dans la journée du samedi de la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien que le militant fortement opposé au projet Énergie-Est de Transcanada, Christian B. Rivard, a installé une banderole où on pouvait lire : Non à Énergie Est – Ne tuons pas la beauté du monde.

L’activiste est né en Jamésie, mais il milite présentement à Rimouski contre Énergie Est, alors qu’il s’était aussi consacré à protéger les bélugas dans l’affaire du port pétrolier à Cacouna. Par le biais des journaux, il a appris en janvier dernier que le tracé de l’oléoduc prévu par Transcanada sillonnerait des affluents importants du lac Témiscamingue et de la rivière des Outaouais. Il a donc réfléchi à une action qui permettrait de sensibiliser les gens aux dangers des oléoducs. L’événement de la Foire gourmande mobilisant des dizaines de milliers de festivaliers des deux côtés du lac Témiscamingue lui est apparu comme l’endroit où il fallait frapper.

Le choix de la phrase inscrite n’est pas anodin. Il fait référence à la poétesse soucieuse de l’environnement Huguette Gaulin qui s’est immolée à l’âge de 28 ans sur la place Jacques Cartier à Montréal. Prisonnière des flammes, ses dernières paroles avaient été : vous avez tué la beauté du monde. Inspiré par le message poignant de l’artiste, Christian B. Rivard croit que les citoyens ont le droit de vivre dans un environnement sain et qu’il faut préserver et accorder de l’importance à cette beauté du paysage qu’Huguette Gaulin voyait mourir.

D’ailleurs, son discours repose principalement sur le fait qu’outre les dangers de fuites majeures, le simple fait de transporter du bitume par pipeline constitue une certitude de contamination de l’eau. Un mince débit de bitume s’échappera assurément et comme les nappes phréatiques sont toutes reliées et qu’elles sont les sources mêmes des eaux des lacs et des rivières, les quelques gouttes de substances qui se déversent quotidiennement polluent une quantité immense d’eau. À titre d’exemple, un seul litre de bitume déversé contamine plus d’un million de litres d’eau souterraine.

Christian B. Rivard déconstruit par ailleurs un mythe concernant le transport par oléoduc. Selon lui, dans sa stratégie de communication, Transcanada instrumentalise la tragédie de lac Mégantic qui a marqué l’imaginaire des Québécois pour faire accepter son projet par l’opinion publique. Ils soutiennent que le transport par pipeline est plus sécuritaire que le transport maritime ou ferroviaire. Ce qu’ils ne disent pas : pour que le bitume non raffiné puisse circuler dans les oléoducs, il est combiné avec un solvant à teneur hautement explosive qui doit être réacheminé par train une fois arrivé dans la raffinerie. Cela augmenterait donc la quantité de trains transportant des substances explosives. D’autant plus que le projet Énergie Est n’aura pas pour effet de diminué la mise en rail de ce que Christian B. Rivard qualifie de « bombes ferroviaires ». Les terminaux pétroliers de Kildair à Sorel-Tracy et de Chaleur Terminals à Belledune au Nouveau-Brunswick seront massivement alimentés par trains. Il est également à noter que les oléoducs déversent trois fois plus de pétrole brut que les accidents de trains puisque les valves sont éloignées par de nombreux kilomètres. Le minimum de temps d’intervention en cas de fuite est de dix minutes. Or, cela laisse le temps à 1,2 million litres de s’échapper du convoi, occasionnant des conséquences énormes à la biodiversité et à l’eau potable en plus de coûter quelques 218 millions de dollars en opération de nettoyage souvent infructueuses.

Christian B. Rivard continuera de distribuer des dépliants d’information lors d’un prochain passage au Témiscamingue. Pour plus d’information sur les risques du transport par oléoduc, visitez le site Web du mouvement Coule pas chez nous.

Article connexe : http://journallereflet.com/accepter-ou-refuser-le-transport-bitumineux-sur-notre-territoire/

Crédit photo : Dominique Paquin-Raymond

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