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Quatre centres de services de la caisse Desjardins fermeront leurs portes

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À compter du 7 décembre 2018, les services aux comptoirs-caisses de Latulipe, Laverlochère, St-Bruno-de-Guigues et Rémigny ne seront plus offerts. En ce qui concerne les centres de Laverlochère et St-Bruno-de-Guigues, les guichets automatiques seront maintenus et changés pour ceux de la nouvelle génération. Il s’agira de guichets automatiques express. Cela veut dire qu’il sera possible d’y réaliser toutes les transactions d’un guichet normal, sauf l’impression sur livret et les dépôts. Ces deux services n’étant pas assez utilisés dans ces deux emplacements. Ces décisions s’appuient sur des mois d’analyse des habitudes transactionnelles et de consommation des membres.

 

La popularité sans cesse grandissante des services automatisés et virtuels a entraîné une baisse marquée de l’achalandage au comptoir de plusieurs centres de services. Aujourd’hui, plus de 96% des transactions sont réalisées ailleurs qu’au comptoir de la Caisse. Aussi, seulement 7% des transactions s’effectuent aux guichets automatiques. « Nous sommes maintenant loin de l’époque où la Caisse n’était que de la brique et du mortier; elle est devenue un levier incontournable pour des projets mobilisants et structurants dans chaque communauté grâce à ses investissements dans le milieu. En 2017, près de 300 000 $ ont été octroyés par la Caisse à plus de 60 projets et événements par ses programmes de dons, commandites et bourses d’études pour l’ensemble de son territoire », explique Normand Gingras, président du conseil d’administration de la Caisse Desjardins du Témiscamingue. Grâce au Fonds d’aide au développement du milieu de la Caisse Desjardins, ils espèrent encourager des projets qui feront une différence plus importante qu’un service de comptoir pour les habitants des municipalités. Ils ont actuellement encouragé quelques projets dans les municipalités touchées par les fermetures de comptoirs, soit le parc Internet de Moffet et la résidence 16 logis pour personnes âgées de Laverlochère.

 

Desjardins, au Témiscamingue, est un employeur important pour la région avec ses 52 personnes dévouées. Les employés qui travaillaient dans les centres de services qui fermeront n’ont pas à craindre de perdre leur poste. Ils seront relocalisés dans ceux qui restent ouverts. Elle possède 4 centres de services, à Ville-Marie, Lorrainville, Témiscaming et Notre-Dame-du-Nord, auxquels s’ajoutent 7 guichets automatiques, dont deux en centre libre-service.

 

Des rencontres d’information pour les 4 municipalités concernées auront lieu le 31 octobre ainsi que les 1er, 5 et 6 novembre prochains afin de répondre aux questions et aux préoccupations des membres touchés. « Les gestionnaires et le personnel de la Caisse seront à leur disposition pour leur proposer des solutions personnalisées. Bien que cette évolution soit nécessaire, l’humain restera toujours la priorité et je m’engage à ce qu’il le reste », affirme Chantal Parent, directrice générale de la Caisse Desjardins du Témiscamingue. Pour cette raison, une entente a été signée avec la Table de Concertation pour personnes âgées du Témiscamingue pour mettre sur pied un système de navette afin que les personnes ne pouvant se déplacer seules ne soient pas pénalisées. Pour les commerçants, un dépôt à toute heure sera mis en place. Les commerçants auront la clé d’une chute où ils pourront mettre leur dépôt, après avoir déposé le bordereau au guichet automatique, dans un des quatre centres de services. Ils auront donc la liberté de déposer leurs dépôts à toute heure du jour et de la nuit et même pendant la fin de semaine, selon leur convenance.

 

Les réactions des municipalités

Les maires et mairesses ont pu discuter et informer leurs pairs, lors du conseil de la MRC du 17 octobre, des rencontres qu’ils avaient eues avec les représentants de la Caisse Desjardins et des réactions de leur collectivité. France Marion, mairesse de Latulipe, s’est sentie devant le fait accompli. « Il était difficile d’argumenter vu les chiffres qu’ils apportaient à l’appui. Les fidèles, ceux qui n’utilisaient que les services du comptoir de Latulipe, se sentent abandonnés », explique-t-elle. Isabelle Coderre, mairesse de Rémigny, avoue que pour ses citoyens, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Cette annonce a créé de fortes réactions auprès de la population et ils se sentent dépassés par la situation. « On m’a expliqué que les gens pourront se rendre à Notre-Dame-du-Nord par navette et en profiter pour faire leur épicerie. Ce genre d’actions occasionnera des torts économiques à ma municipalité », exprime madame Coderre. Carmen Côté, mairesse de St-Bruno-de-Guigues, trouve également que la décision portera un coup dur à la population. Elle précise que « Plusieurs de mes commerçants ont besoin de monnaie pour tenir leur petite caisse. Cela occasionnera un grand nombre de problématiques supplémentaires pour eux. » Daniel Barrette, maire de Laverlochère-Angliers, confirme qu’il avait également l’impression que la décision de Desjardins était prise. Ce qui le désole, c’est qu’on ne cesse de parler que, pour le Témiscamingue, il faut décentraliser les services, et cette décision est une autre centralisation des services.

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Claudelle Rivard