Arts & Culture

Rester ou quitter; là est la question

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Sarah Baril-Gaudet, cinéaste originaire du Témiscamingue, est de retour dans son patelin pour tourner son premier long métrage, un documentaire nommé Passage,quelques semaines actuellement et plus tard en août. Il s’agit d’un documentaire sur l’appartenance au territoire dans un contexte d’exode rural. Elle s’intéresse donc à la réalité de trois jeunes au profil différent et à leur lien face au territoire.

« Mon idée était vraiment d’explorer l’été de leurs dix-huit ans, qui est quand même un été important. On devient un jeune adulte et l’on doit prendre plusieurs décisions pour son avenir », partage madame Baril-Gaudet. Elle est elle-même déménagée à Montréal il y a environ six ans pour devenir cinéaste. À l’époque, son désir de déménager était grand. Il y a quelques années, elle a lu un article qui parlait des achats de terre, de l’exode rural et des écoles qui fermaient en région. « Cet article a réveillé en moi une préoccupation pour l’avenir de ma région. J’étais intriguée et j’ai décidé de venir passer quelque temps au Témiscamingue où j’ai ouvert le dialogue avec des élèves de l’école Marcel-Raymond », raconte Sarah Baril-Gaudet. Elle leur a posé des questions et s’est rendue compte qu’il y avait un attachement très intéressant des jeunes vis-à-vis de leur milieu. Malgré le fait que plusieurs doivent partir, certains ont envie de revenir. « Les jeunes apportaient des réflexions très intéressantes. Ils étaient matures et avaient une belle vision à la fois. Deux des jeunes questionnés lors de ces entrevues se retrouvent dans le film » ajoute Sarah Baril-Gaudet.

Le film abordera l’été des 18 ans de trois jeunes aux visions différentes. Il parlera également de ce que c’est d’être un jeune adulte au Témiscamingue, mais aussi comment ces trois protagonistes vivent le passage au monde adulte. Le premier est un camionneur qui est très attaché à la région. Après son secondaire, il est tout de suite entré dans sa vie d’adulte et il désire rester au Témiscamingue toute sa vie. Il s’agit d’une certitude pour lui. Il y a également un autre jeune pour qui tout est plus flou. Il a déjà essayé d’aller vivre ailleurs, à Montréal plus exactement, mais ça n’a pas marché. Il est revenu au Témiscamingue, mais conserve le désir de partir, peut-être d’aller à Québec par exemple. Il est attaché, mais en même temps, il a envie de partir, ce qui lui crée un déchirement entre les deux. Finalement, madame Baril-Gaudet suivra aussi une jeune femme, une passionnée des animaux, des chevaux, de la vie rurale et des festivals. C’est une fille qui est très attachée au Témiscamingue, mais qui sera obligée de partir pour ses études comme la plupart des jeunes de son âge. C’est donc ces trois réalités qu’elle explore dans ce film-là. « Il s’agit d’un film assez intimiste qui porterait sur leur vie. C’est un documentaire où je ne réalise pas d’entrevue. C’est plutôt un suivi de leurs quotidiens et les informations passent beaucoup par les conversations qu’ils ont avec leurs amis et leurs proches » explique la réalisatrice Sarah Baril-Gaudet.

Les thèmes abordés ont souvent été explorés par la réalisatrice dans ses précédents courts métrages. Elle en a, entre autres, réalisé un à partir des entrevues qu’elle a réalisées à l’école Marcel-Raymond et qui se veut un avant-goût du présent long métrage. Le second explore le quotidien d’une jeune Inuk du Nunavik qui est tiraillée entre son désir de rester et de partir.

Il s’agira d’un film d’environ 75 minutes, qui est financé par le Conseil des arts et des lettres du Québec et Téléfilm Canada. Après le tournage, la postproduction devrait se dérouler de septembre 2019 à avril 2020. S’en suivra l’envoi du documentaire dans les différents festivals nationaux et internationaux, pour réaliser ensuite une sortie en salle au Témiscamingue, en Abitibi, à Montréal et à Québec. Ils sont une petite équipe de trois, ce que préfère madame Baril-Gaudet, car ça permet de créer une belle intimité avec les personnages vu qu’ils ne sont pas une grosse équipe.

Ils donnent aussi beaucoup d’information sur le déroulement du tournage sur leur page Facebook Passage et il est possible qu’ils fassent des appels à la population pour des lieux ou des événements en août. Un film qui parle de nous et qui promet de montrer l’espoir et l’attachement des jeunes pour leur territoire.

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Claudelle Rivard