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Rupture de services à l’hôpital: quand est-ce que ça s’arrête?

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Quatre semaines. Voilà le total de ruptures de service en anesthésie à l’hôpital de Ville-Marie depuis le début de l’année 2018… et nous ne sommes même pas au mois mars.

Souvenez-vous, le 19 octobre dernier, la nouvelle faisait l’effet d’une bombe : il n’y aurait pas d’anesthésiste à l’hôpital de Ville-Marie pendant 34 semaines, soit pratiquement les ¾ d’une année. Devant la crise, relayé par de nombreux médias locaux (ou même nationaux comme le Journal de Montréal), le ministre de la santé Gaétan Barrette, de passage en région quelques semaines après, affirmait que Ville-Marie ne connaitrait pas de rupture de services. Il était même confiant que la loi 130 réglerait définitivement le problème de découverture.

Et pourtant, les ruptures de service en anesthésie continuent de s’enchainer à l’hôpital de Ville-Marie. Si en premier lieu on pense aux femmes enceintes, contraintes de se déplacer jusqu’à Rouyn-Noranda pour accoucher, il ne faut pas oublier qu’un anesthésiste ne sert pas uniquement aux accouchements, mais est un maillon essentiel de la chaine hospitalière. La preuve, lors de l’accident récent de l’autobus scolaire à la sortie de Laverlochère (le 31 janvier dernier), le conducteur de l’automobile souffrant de blessures majeures (mais ne mettant pas sa vie en danger), était évacué à l’hôpital de Rouyn-Noranda, car il n’y avait pas d’anesthésiste à Ville-Marie. Quel scénario aurions-nous vécu s’il avait fallu que ne serait-ce qu’un ou deux enfants de l’autobus soient grièvement blessés en plus du conducteur?

Finalement, le 19 février dernier, le ministre Barrette avouait au micro de David Chabot à Des matins en or, sur les ondes de Radio-Canada qu’il était « très désolé du délai […] hors de [sa] volonté, mais la bonne nouvelle pour les gens du Témiscamingue et de l’Abitibi-Témiscamingue au complet, c’est que la solution est là et elle va être mise en application ».

Lors du dernier conseil de la MRC de Témiscamingue, les élus ont fait part de leur grande inquiétude face à la banalisation des découvertures médicales à l’hôpital de Ville-Marie. Ils déplorent aussi le manque de communication du PDG du Centre intégré de santé et services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT), Yves Desjardins, qui s’était personnellement engagé à les prévenir en cas de rupture de services. Une lettre lui sera acheminée à cet effet.

De son côté, le CISSSAT, fidèle à sa nouvelle politique de communications avec les médias mise en place le 18 janvier dernier, s’est refusé à tout commentaire sur cette énième découverture.

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Guillaume Gonzalez