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Soccer: jouer pour s’intégrer

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Établi en région depuis 2012, le Français Simon Retif a rapidement repris la tête du soccer social au Témiscamingue, à l’hiver 2013/2014. Alors que l’été les parties se jouent sur les terrains de soccer extérieurs, l’hiver, le groupe pratique le « futsal » (soccer d’intérieur) au gymnase de l’École Marcel Raymond de Lorrainville.

Si le soccer au Canada (et aux États-Unis) a longtemps été plus pratiqué par la gent féminine, depuis plusieurs années il commence à gagner en popularité. Parmi les facteurs pouvant expliquer cette hausse, on peut penser au coût (l’équipement de soccer étant beaucoup moins dispendieux que le hockey par exemple), mais aussi à l’immigration. En effet, il faut savoir qu’en dehors du Canada et des États-Unis, le soccer est le sport le plus populaire à travers le monde, comptant 265 millions de joueurs licenciés (2006, donnée officielle la plus récente) comparativement à 1,6 million au hockey sur glace (2013). L’Amérique du Sud, l’Europe et l’Afrique étant en tête du classement.

Il est donc tout à fait normal qu’avec l’arrivée de nouveaux immigrants francophones en région (européens et africains), le soccer social attire de plus en plus de monde. C’est le cas de Julien Van Simaeys, chargé de projet en développement du territoire à la MRC de Témiscamingue, français fraîchement débarqué au Témiscamingue : « Je retrouve le plaisir de jouer en venant ici, je joue depuis que je suis tout petit. Mais c’est aussi l’occasion de rencontrer plein de gens. C’est vraiment un point de rendez-vous pour les nouveaux ». La culture du soccer étant importante pour lui, il avoue que ce moment hebdomadaire joue dans sa qualité de vie au Témiscamingue. Autre détail apprécié par monsieur Van Simaeys, celui de la mixité : « Nous ne sommes pas juste entre immigrés, il y a aussi des Québécois qui viennent jouer avec nous. Mais aussi des filles! Moi je trouve ça très cool, parce qu’en France c’est impensable de jouer au soccer avec des filles ».

Pour Adil Fouassi, opérateur en traitement des eaux à Béarn et marocain d’origine, le soccer améliore aussi sa qualité de vie : « J’aime jouer au soccer, c’est mon sport préféré. Je n’ai jamais pensé pouvoir jouer au soccer en arrivant au Témiscamingue. Maintenant ce sont tous mes amis, on a beaucoup de plaisir. Je me suis intégré plus rapidement ici grâce au soccer ». Même son de cloche du côté d’Abdoul Karim Salifou-Ibro, Nigérien d’origine, étant passé par la case « Montréal » et actuellement en recherche d’emploi au Témiscamingue : « Ça m’a vraiment permis de m’intégrer ici. Au début j’étais un peu pessimiste, mais jouer au soccer c’est quelque chose qui me fait énormément de bien. Et en plus tu rencontres du monde! Quand tu es nouveau quelque part, tu as beaucoup de questions et maintenant je sais que chaque mercredi, je vais trouver quelqu’un qui peut répondre à mes questionnements ou m’aider ».

Anecdote amusante et propre à la dynamique du Témiscamingue : à sa première venue au soccer social, monsieur Van Simaeys a parlé d’une offre d’emploi non affichée à monsieur Salifou-Ibro et aura ainsi contribué à ce qu’il décroche une entrevue.

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Guillaume Gonzalez