Actualités, Éditorial

Solidarité!

0 236

En quelques jours, notre quotidien a basculé, nous projetant dans une réalité irréelle. On s’est battus pour du papier de toilette. On a vidé les épiceries comme si l’apocalypse de zombies était arrivée. Dans certains magasins grande surface (vive le Témiscamingue!), on a totalement oublié les règles de base du savoir-vivre. Je regardais les images sur les réseaux sociaux (ça me confirme l’amour-haine que j’ai pour eux) et j’hésitais entre pleurer en boule en dessous de mon bureau ou rire jusqu’à m’en dilater la rate…

Comme la plupart des gens, au départ, je trouvais qu’on exagérait avec le coronavirus. Oui, oui, moi aussi je l’ai dit : « c’est juste une grippe, arrêtez de capoter avec ça ». Il n’était pas question que je change mes habitudes pour une grippe. On a quand même connu H1N1 et la Terre a continué de tourner. Ce n’était certes pas un petit virus propagé à l’autre bout du monde qui était pour nous affecter au Québec, encore moins au Témiscamingue.

À l’annonce de la suspension des activités de la Ligue national de hockey, j’étais fâchée. J’avais des supers billets pour aller voir le Canadien de Montréal le 28 mars prochain avec mon petit-homme-devenu-trop-grand. Régional de hockey, régional de badminton, voyage en Colombie pour les Z’ailées, j’avais en vue un printemps plus qu’enviable, je dirais même incroyable!

Mais lorsque j’ai enlevé ma tête de mon nombril, j’ai réalisé l’impact et l’ampleur de ce virus. J’ai réalisé qu’en 2020, on voyage beaucoup (trop?!) et que la Chine ainsi que l’Italie, c’est à côté, finalement. J’ai pensé aux gens plus vulnérables. Je n’aurais pas envie de leur transmettre cet infame virus. Je ne suis pas inquiète pour ma santé mais pour celle des gens qui me sont chers.

En tant qu’entrepreneure, je suis toutefois inquiète pour notre santé financière collective. Au départ, alors que monsieur Legault renvoyait tout le monde avec leur plein salaire, l’hyperventilation m’a prise pendant plusieurs minutes. Moi, petite entrepreneure témiscamienne (je suis convaincue que je ne suis pas la seule à y avoir pensé), je ne pouvais pas offrir cette mesure extraordinaire. J’ai des imprimeries mais, malheureusement (ou heureusement, car je ne voudrais pas finir en prison), je n’imprime pas de l’argent. J’ai aussi pensé au travailleur autonome qui voyait ses contrats disparaître en fumée (même si on parle d’un virus et non de feux de forêt).

Lorsque les restaurants et les commerces ont commencé à fermer un à un, ma crise d’hyperventilation a augmenté d’un cran. Oui, les gouvernements annoncent des mesures d’aide qui sont appréciées, mais un gouffre financier vient d’être creusé. Les revenus perdus en mars et avril (je reste optimiste que ça ne dure qu’un mois et demi si tout le monde respecte les consignes) ne reviendront jamais. La pente pour nous relever de ce virus sera comparable à l’Everest, et ce ne sera pas juste à cause de la maladie.

Je pense que la dernière semaine a été l’une des plus chaotiques pour bien des gens, à différents niveaux. J’ai eu l’impression que j’étais bipolaire des décisions. Une minute, mon plan tenait la route, la minute suivante, un contrat annulé, une autre mesure appliquée et tout était à recommencer.

Ça m’amène à vous parler du journal… Alors que les commerçants ont mis la clé dans leur porte, les revenus publicitaires ne suivent pas, ce qui est totalement normal. Notre rôle est primordial en ce temps d’incertitude afin de vous faire part de l’évolution de la situation en région. Nous vous donnons le plus d’information disponible, pertinente et véridique (non le coronavirus n’est pas une arme de destruction massive créée par les Chinois). Pas de « fake news » et de rumeurs des réseaux sociaux, promis!

Pour l’édition du 31 mars, nous avons dû opter pour une édition numérique complète. Vous lirez votre journal, mais de façon un peu différente. Nous travaillons très fort pour que vous en oubliez presque la version papier. Vous en entendrez parler notamment grâce à l’incroyable collaboration avec notre radio, CKVM, et TV Témis. J’en profite pour remercier du fond du cœur les annonceurs qui ont décidé de nous laisser la chance d’aller de l’avant avec cette version numérique alors que le doute pourrait les envahir. C’est dans ce genre de situation que je suis fière d’être Témiscamienne, face à l’ouverture d’esprit et la solidarité.

Parlant de solidarité, je sais que vous êtes les plus extraordinaires au Témiscamingue. Ne me faites pas mentir, s.v.p… Alors que notre économie vient de recevoir un grand coup de pelle dans le front, avant d’acheter sur des sites en ligne américains, PENSEZ TÉMISCAMIEN. Les entreprises font preuve d’ingéniosité et de débrouillardise pour rester en vie. Ne mettez pas le Témiscamingue sous respirateur artificiel et achetez LOCAL. Ensemble, on fera vraiment toute la différence.

About the author / 

Karen Lachapelle