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Le torchon brûle entre la MRCT et le CISSSAT

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Le 6 mars dernier, le Centre intégré de santé et services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSSAT) a émis un communiqué de presse, dans lequel son président-directeur général, Yves Desjardins, tenait à faire le point sur les services de santé au Témiscamingue et les avancées réalisées au cours des dernières années.

Il souligne notamment l’arrivée de dix nouveaux médecins de famille ou encore l’arrivée récente d’un chirurgien à l’hôpital de Ville-Marie. Il est aussi fait mention du défi du recrutement en anesthésiologie (service qui connait des ruptures continuelles à Ville-Marie).

 

Une réponse aux allégations

Le communiqué se veut une réponse directe aux élues et élus de la MRC de Témiscamingue dont les inquiétudes sont qualifiées d’allégations par monsieur Desjardins. En effet, lors de la dernière séance publique du Conseil de la MRC, madame Bolduc, épaulée par l’ensemble des mairesses et maires, s’est dite inquiète de la banalisation des ruptures de service au Témiscamingue et déplorait le manque de communications de la part du CISSSAT. Ces inquiétudes se sont traduites en lettre officielle adressée à monsieur Desjardins, et remise en copie à Gaétan Barrette, ministre de la Santé et des services sociaux, Luc Blanchette, député de Rouyn-Noranda-Témiscamingue et ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs ainsi qu’à l’ensemble des mairesses et maires des municipalités locales du Témiscamingue.

En exclusivité, le journal Le Reflet a eu accès à cette lettre, grâce à une source confidentielle. La préfète y réitère les inquiétudes provenant de la part des élues et élus et de l’ensemble de la population témiscamienne et déplore une nouvelle fois le manque de communication de la part du CISSSAT. Elle questionne même le CISSSAT sur « les capacités de fournir des réponses appropriées aux enjeux qui sont les nôtres? » ou encore si « l’équipe de gestionnaires qui [vous] entoure (ndla : Yves Desjardins) est [elle] en mesure de répondre aux préoccupations de notre population ? ».

 

Un dialogue de sourds

À la suite de l’envoi de cette lettre, une réunion téléphonique a eu lieu entre monsieur Desjardins et madame Bolduc, mais cette dernière dénonce un dialogue de sourds entre les 2 parties. « Les allégations dont fait part monsieur Desjardins sont des faits. Des faits rapportés par les élus, eux-mêmes interpellés par leurs citoyens. Monsieur Desjardins nous dit que les gens qui ont été traités à New Liskeard sont très heureux de l’accueil et des soins qu’ils ont eus là-bas. Mais la vraie question est : est-ce qu’ils sont heureux d’avoir été obligés de se rendre jusqu’à New Liskeard alors que nous avons un hôpital ici? Monsieur Desjardins nous rétorque que la population est très satisfaite des services du CISSSAT alors que nous avons un son de cloche complètement différent de nos citoyens », exprime amèrement Claire Bolduc.

C’est dans cette optique que la plate-forme prochainement mise en place par le comité citoyen, chapeauté par Paul-Émile Barbeau, médecin retraité, prendra tout son sens. Elle permettra de noter et documenter les problématiques rencontrées au CISSSAT.

Pour conclure, madame Bolduc souhaite être optimiste sur les promesses annoncées, mais se garde tout de même une réserve : « Cela fait 15 ans qu’on nous annonce les rénovations de l’hôpital et tout un autre paquet d’éléments qui sont supposés améliorer les soins de santé. On jugera l’arbre à ses fruits ».

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Guillaume Gonzalez