Actualités

Un panier d’épicerie plus cher = des conséquences possibles sur l’aide alimentaire

0 137

En 2019, le panier d’épicerie au Canada avait enregistré une hausse annuelle d’environ 410 $ pour une famille de deux adultes et deux enfants. Selon une étude de l’Université de Dalhousie, à Halifax, en 2020, le coût du panier d’épicerie au Canada risque de connaître la plus importante hausse depuis les dix dernières années. Cette augmentation se chiffre à près de 500 $. Dans l’ensemble, cela totaliserait une dépense totale annuelle de près de 12 700 $.

Cet alourdissement du coût du panier d’épicerie risque d’avoir un impact du côté des banques alimentaires. Sonia Beauregard, coordonnatrice au Regroupement d’entraide sociale du Témiscamingue (REST), mentionne que cette situation inquiétante pourrait entraîner une augmentation de la demande en ce qui concerne le service d’aide alimentaire.

Le service d’aide alimentaire du REST est offert aux personnes et aux familles à faible revenu ou qui vivent temporairement des situations précaires. « Le dépannage alimentaire n’assume pas la sécurité alimentaire, mais soulage la faim et répond à un besoin immédiat, explique madame Beauregard. Notre approvisionnement provient, entre autres, du Programme de récupération en supermarchés (PRS). Ce programme, déployé par les Banques alimentaires du Québec, nous permet de récupérer les denrées invendues, y compris la viande, dans les supermarchés dont les bannières participantes au Témiscamingue sont Provigo Denis Nolet de Ville-Marie et IGA Boutin de Lorrainville. Cette solution au gaspillage permet d’offrir une alimentation plus saine. Présentement, la quantité de denrées reçues nous permet de répondre adéquatement à la demande actuelle. Cependant, une augmentation significative des demandes pourrait nous contraindre à limiter ou à rationner l’aide apportée. »

Dans une situation de budget non équilibré, l’épicerie est la première dépense à être réduite, ce qui expose les gens à de mauvais choix alimentaires étant donné que la nourriture moins nutritive est moins dispendieuse. Donc, en plus du rationnement, les familles mangent moins bien. Les conséquences à cette insécurité alimentaire sont nombreuses. La coordonnatrice du REST craint les répercussions en ce qui concerne la santé physique, la santé mentale, la réussite scolaire et le développement des enfants. « Ne pas manger en qualité et en quantité suffisantes expose à divers problèmes de santé et augmente le développement des maladies, de l’angoisse et de l’anxiété. Une mauvaise nutrition a aussi des conséquences sur la réussite scolaire des enfants, puisqu’elle ne suffit pas à leur dépense d’énergie, et sur le développement durant la petite enfance. »

La hausse en quelques chiffres

Selon le rapport de recherche de l’Université de Dalhousie, les principales hausses prévues en 2020 se traduiront ainsi :

Boulangerie : 0 % à 2 %

Produits laitiers : 1 % à 3 %

Fruits : 1,5 % à 3,5 %

Légumes : 2 % à 4 %

Viandes : 4 à 6 %

Poissons et fruits de mer : 2 % à 4 %

Restaurants : 2 % à 4 %

Proactif face aux hausses possibles, le REST est en mode solution. « Nous encourageons les projets d’autonomie alimentaire via notre mandat de sécurité alimentaire, tels que le démarrage ou la participation à un groupe de cuisine collective, participation au jardin collectif et à tous autres projets alternatifs existants qui favorisent l’autonomie alimentaire. L’implantation d’initiatives et d’actions est primordiale et demeure un moyen par lequel la personne en situation d’insécurité alimentaire sera active pour améliorer son alimentation et sa condition. »

About the author / 

Dominique Roy