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Un séjour inoubliable au Nunavik

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Pour la Nédélecoise Josée Prévost, la semaine du 26 janvier au 2 février lui a permis de vivre une expérience de vie à la fois pédagogique et humaine des plus enrichissantes dans le cadre de son travail de professeure à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT). Cette aventure des plus marquantes, c’est à l’école Kiluutaq, à Umiujaq, au Nunavik, qu’elle l’a vécue.

L’expérience professionnelle

« Depuis plus de 35 ans, l’UQAT travaille en étroite collaboration avec certaines communautés du Nunavik (Puvirnituq et Ivujivik) pour former des enseignants Inuits et développer avec eux des programmes qui répondent aux besoins des gens sur place. Le directeur de l’école Kiluutaq cherchait quelqu’un pour former ses enseignants en lien avec les tableaux numériques puisqu’ils ont ces outils dans toutes les classes.  Il a contacté ma collègue de l’UQAT, Glorya Pellerin, qui est directrice de l’URFDÉMIA (Unité de recherche, de formation et de développement de l’éducation en milieu inuit et amérindien) et qui est en contact avec la commission scolaire Kativik (Kativik Ilisarniliriniq). Cette dernière m’a demandé si le mandat m’intéressait. En tant qu’enseignante au secondaire et professeure à l’université, j’ai appris au cours des dernières années à me servir de cet outil pédagogique. Je me sentais donc suffisamment expérimentée pour transmettre ce savoir. De plus, comme je parle bien l’anglais, je pouvais répondre positivement à cette requête. » Enseigner et partager ses connaissances à des enseignants du Nunavik, voilà une mission qui lui permettait d’ajouter une corde de plus à son arc.

À l’école Kiluutaq, elle parle de l’horaire plus naturel, plus souple et du personnel à la fois souriant, accueillant et drôle. L’équipe qu’elle devait former était composée de Quaaluunat (les étrangers) et d’Inuits. Chacun avançait à son rythme.

« Le défi pour moi a été la préparation. On oublie parfois que derrière la performance des enseignants se trouvent de nombreuses heures de planification. Ma formation devait répondre aux besoins de tous et ce, même s’ils n’étaient pas tous au même niveau et n’avançaient pas au même rythme. Je crois avoir réussi ce défi, les gens semblaient satisfaits de la formation. D’ailleurs, à la fin de celle-ci, on m’a offert deux présents. D’abord, un petit carreau de fourrure représentant la lutte pour les femmes autochtones, un sujet qui m’est cher, mais aussi des boucles d’oreilles faites sur place à partir de bois de caribou, très symboliques. Je dois admettre que je les avais gâtés un peu aussi! Dans mes bagages, j’avais apporté des bonbons au miel de Miel Abitémis et aussi à l’érable de Tem-Sucre. Pour eux, c’était très « exotique ». Si j’y retourne, je devrai en rapporter! »

L’expérience personnelle

Pour Josée Prévost, il s’agissait d’un premier déplacement dans le Nord. Tout de suite, elle y a vu l’occasion unique de découvrir un nouveau territoire et de faire des rencontres. « Je dois dire que depuis ma toute jeune enfance, j’ai toujours été en contact avec les Premiers Peuples. Alors que je n’avais que quatre ans, j’ai débuté l’école à la prématernelle qui était sur la réserve [Timiskaming First Nation]. Mon père y était directeur et pour lui, ainsi que pour moi, il était important de conserver des liens positifs avec ces Nations. Le Nunavik devenait donc une destination rêvée à cet égard. »

Elle décrit le peuple rencontré comme étant accueillant et chaleureux, tout en étant discret et réservé. Les paysages ont été un véritable coup de cœur pour elle. Un enseignant qui faisait partie du groupe qu’elle devait former l’a conduite à la Baie d’Hudson, en motoneige, pour observer les caribous. « Quand j’ai vu les premières bêtes, je fus sans mots tellement l’expérience était unique. Je me trouvais à voir des troupeaux de caribous, assise derrière un étranger, sur la Baie d’Hudson, avec un coucher de soleil digne des films. » Hypnotisée par ce qu’elle vivait, elle en a oublié le froid intense qui y régnait.

« Ce que je réalise, c’est que l’humanité est riche de ses modes de vie, de ses visages et de ses gens qui méritent qu’on écoute leur histoire. J’ai sans doute hérité de mes parents d’aller au-devant des gens, de m’intéresser à eux. Je dois tout de même admettre que, sans l’accueil que j’ai eu là-bas, je n’aurais pas eu une si belle expérience. »

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Dominique Roy