Arts & Culture

Une pièce de théâtre et ses à-côtés

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Le 2 mai, les élèves de première, deuxième et troisième année du secondaire de Rivière-des-Quinze à Notre-Dame-du-Nord ont reçu la visite d’Édith Arvisais et Simon Labelle-Ouimet, deux des trois comédiens de la pièce de théâtre musicale Je suis William. Le lendemain 3 mai, ces mêmes élèves, 153 pour être exact, avec 9 de leurs professeurs, allaient voir ladite pièce au Rift. Tout à été mis en place pour que les élèves profitent complètement de l’expérience.  

« Cette rencontre était une des différentes étapes pour préparer les élèves à recevoir cette pièce de théâtre et à rendre le tout plus intéressant », explique Amélie Cordeau, directrice générale du Rift. En effet, depuis un an et demi, ces élèves parlent de Shakespeare, lisent de ses textes et développent leurs connaissances par rapport à l’époque élisabéthaine, que ce soit dans leurs cours d’art dramatique ou de français.

Je suis William est une pièce de la troupe de théâtre Le Clou, de 70 minutes, où chansons et jeu se côtoient. La pièce est une création qui a été travaillée en résidence à Val-d’Or et qui, depuis, a été présentée 70 fois, que ce soit à Montréal, en Outaouais, en Abitibi, mais aussi en Espagne et en France. Le metteur en scène, Sylvain Scott, avait envie de créer une pièce de théâtre sur Shakespeare et a approché l’auteure, Rebecca Déraspe, pour qu’elle l’écrive. Sa réflexion s’arrête souvent sur la place des femmes en société et elle s’est donc posé la question de quelle aurait été sa place dans le temps de Shakespeare. Un fait s’est imposé de lui-même ; elle n’aurait pas pu écrire. Elle a donc décidé d’inventer une histoire par rapport à une femme qui veut écrire et elle a choisi que l’histoire se déroulerait lors de l’adolescence de William Shakespeare. L’histoire n’a pas de souvenir de cette période de sa vie, ce qui en fait un bon filon pour la création. Les compositeurs, Benoit Landry et Chloé Lacasse, sont entrés en scène une fois les textes écrits et ont composé une musique parfois contemporaine, parfois élisabéthaine mais plus souvent qu’autrement un mélange des deux. Ils vont même jusqu’à intégrer du Slam dans cette pièce, une poésie orale s’apparentant au rap.

Lors de la rencontre avec les élèves, Édith Arvisais en profitait pour discuter des étapes de création de la pièce, de ce qu’est le théâtre musical et a fait, avec les élèves, un exercice où ils étudiaient les indices de l’affiche du spectacle par rapport à son histoire. Ils ont également parlé de la place des femmes dans la société d’aujourd’hui et d’hier et de l’égalité hommes-femmes qui n’est pas encore atteinte. Ils ont également abordé le théâtre dans ce temps, le fait que les femmes n’avaient pas le droit d’écrire, ni de lire, ni de jouer. En effet, les personnages féminins étaient interprétés par des hommes dans ce temps. Madame Arvisais a même expliqué le fait que la connaissance chez les femmes, dans ce temps, était nécessairement considérée comme une preuve de sorcellerie. Les jeunes avaient une belle liberté de poser toutes les questions de leur choix à la comédienne, que ce soit sur la pièce, mais aussi sur elle, son parcours, le métier de comédienne. Une rencontre très formative pour les jeunes présents.

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Claudelle Rivard