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Zack’s Crib : un organisme pour aider les sans-abris dans la région du Timiskaming

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C’est au printemps 2019 que le couple Yves et Lianne Paillé de New Liskeard a commencé les démarches pour mettre sur pied un organisme à but non lucratif dont l’objectif ultime est d’offrir un refuge pour les sans-abris dans la région du Timiskaming, notamment pour les personnes souffrant de problèmes de santé mentale et de toxicomanie. M. Paillé avoue d’emblée que cette idée est celle de sa femme qui tenait absolument à faire quelque chose pour améliorer le sort de ces gens. Une fois l’idée lancée, le projet en est devenu un de couple, de famille, mais aussi de communauté.

L’histoire derrière Zack’s Crib

Derrière l’idée de ce refuge se cache une histoire des plus touchantes, celle de Zackery Paillé, le fils d’Yves et de Lianne qui est aujourd’hui âgé de 26 ans. Zachery a vécu une enfance normale au sein d’une famille sans histoire… une famille unie, aimante et bien établie dans la communauté.

« La véritable épreuve a commencé une fois que Zackery a fini son secondaire, raconte Yves Paillé. Au secondaire, il est arrivé quelques incidents, mais rien qui nous semblait très sérieux. Finalement, c’était plus profond qu’on le pensait. Il est allé au Collège Algonquin. Sa première année a bien été, dans le sens qu’il l’a réussie. C’est quand il est revenu à l’été pour travailler qu’on s’est aperçus que ça n’allait pas bien avec la consommation de drogue et d’alcool. Sa santé mentale était affectée et vulnérable. C’était à l’été 2012. On s’est rendu compte qu’il était dépendant. Il vivait du stress, de l’anxiété. Il était en dépression. Il n’est pas retourné au collège. »

C’est réellement à partir de cet été-là que la tranquillité familiale des Paillé est devenue un véritable tourbillon d’inquiétudes, de craintes, de peurs, d’angoisses. En 2016, Zackery recevait le diagnostic de schizophrénie. À travers sa consommation et ses problèmes de santé mentale, il fut hospitalisé pendant six mois et c’est là que les Paillé ont pris conscience du manque de ressources dans la région du Timiskaming. Les centres offrant les soins nécessaires à cette clientèle sont situés à North Bay, à Sudbury et à Timmins. « Un des critères pour aider à calmer les problèmes de santé mentale, c’est être proche de ta famille, de tes amis, de ton monde, pour te sentir en sécurité. Loin de tes proches, l’anxiété augmente parce que tu es dans une place étrangère avec des inconnus, explique le père de famille. On veut donc avoir un endroit avec des lits et des soins de santé pour ces gens-là quand ils sont en crise. »

Le nom de l’organisme, Zack’s Crib, c’est l’idée même de Zackery Paillé. « En français, le mot « crib » est une couchette, un lit pour bébé qui est confortable, sécuritaire. C’est l’inspiration qui est venue », poursuit M. Paillé.

L’organisme

Mettre sur pied un organisme ne se fait pas du jour au lendemain. Le couple s’est allié de bénévoles de la région. Un groupe s’est formé. Zack’s Crib a officiellement été enregistré comme organisme à but non lucratif au printemps 2019, ce qui lui permet de remettre des reçus aux généreux donateurs. Les services de santé de la région donnent leur appui. « La communauté est vraiment avec nous. Des gens, des organismes et des entreprises font des dons. On a fait un premier BBQ à mon entreprise [Yves’ Prime Cut Meats] au printemps passé et ensuite, ça a fait boule de neige. »

L’objectif d’un premier 100 000 $ est déjà à mi-chemin. Des activités de financement ont eu lieu et d’autres sont à venir en 2020. « Tout est encore nouveau avec ça. On apprend. Là, on est en train de faire notre plan d’affaires, ce qui va nous permettre d’aller chercher des subventions. On veut recruter d’autres bénévoles pour nous aider. Éventuellement, on veut embaucher quelqu’un pour gérer Zack’s Crib. Pour l’instant, notre mission est d’éduquer les gens, de les sensibiliser à la cause et de les instruire sur le sujet. Si on veut que les gens nous aident, il faut qu’ils sachent de quoi il s’agit. C’est important qu’ils comprennent que personne n’est à l’abri d’une situation comme ça. Le jour où on sera prêt à ouvrir le centre, où est-ce que ça va se faire? Qui veut un centre comme ça près de chez eux? Il faut donc commencer par sensibiliser et éliminer les préjugés. »

2020 s’annonce donc une année bien remplie pour l’organisme qui voit grand. Quant à Zackery, selon son père, il fait des progrès, mais la situation n’est pas facile. Avec sa famille, il parle de sa dépendance et de ses problèmes, mais avec les autres, le sujet est plus tabou. « Durant les Fêtes, j’étais en voiture avec lui et pour m’expliquer ce qui se passe, il m’a dit que dans sa tête, c’était comme s’il y avait un party », raconte le père. Voilà une analogie qui représente concrètement la réalité avec laquelle vit Zackery et pour laquelle les parents se sentent bien impuissants.

Il est possible de faire un don à l’organisme en se présentant tout simplement à l’entreprise de monsieur Paillé, chez Yves’ Prime Cut Meats à New Liskeard, ou via le lien GoFundMe disponible sur la page Facebook Zack’s Crib.

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Dominique Roy