Menée en février 2025 auprès de 164 adultes et 81 enfants liés à des employés de la Fonderie Horne, une étude de biosurveillance a analysé des échantillons d’urine et des rognures d’ongles afin d’évaluer l’exposition à l’arsenic.
Réalisée par la firme Intrinsik pour le compte de Glencore Canada dans le cadre d’un programme volontaire de la Fonderie Horne, l’étude conclut que l’exposition à l’arsenic provenant de la consommation de riz et de fruits de mer serait supérieure à celle attribuable aux émissions de la fonderie.
L’étude soutient que les niveaux d’arsenic observés chez les participants sont comparables ou inférieurs à ceux mesurés chez d’autres Canadiens et que l’alimentation représente la principale source d’exposition à l’arsenic. Cette conclusion est avancée malgré le fait que la Fonderie Horne émet encore des concentrations d’arsenic environ 13,6 fois supérieures à la norme provinciale en vigueur.
Toutefois, la Direction de santé publique de l’Abitibi-Témiscamingue remet en question les conclusions de cette étude, estimant que sa méthodologie comporte des limites importantes et ne répond pas entièrement aux standards scientifiques reconnus. Elle souligne notamment la faible participation de certains groupes d’âge et de résidents de certains secteurs de la ville, ce qui limite la portée des résultats.
La santé publique rappelle également que si l’arsenic mesuré dans l’urine peut être un biomarqueur fiable dans certaines situations, son utilisation dans le contexte environnemental particulier de Rouyn-Noranda présente des limites importantes. Elle estime donc que cette étude ne permet pas d’identifier de façon fiable les sources d’exposition à l’arsenic dans la population et indique que les résultats feront l’objet d’une analyse approfondie avant que des conclusions définitives puissent être tirées.
Les conclusions de l’étude financée par Glencore contrastent avec plusieurs analyses réalisées au cours des dernières années par les autorités de santé publique.
Une étude de biosurveillance menée en 2019 par la Direction de santé publique révélait également que les citoyens du quartier Notre-Dame présentaient des concentrations d’arsenic dans les ongles quatre fois plus élevées que celles observées dans une population témoin d’Amos.
La santé publique maintient que les données environnementales démontrent une contamination persistante de l’air et des sols associée aux activités de la Fonderie Horne et réitère l’importance de poursuivre les efforts visant à réduire l’exposition de la population et à mieux comprendre les impacts sur la santé.
En 2022, l’Institut national de santé publique du Québec estimait qu’un excès de cas de cancer pourrait survenir à Rouyn-Noranda si les émissions d’arsenic de la Fonderie Horne n’étaient pas davantage réduites. Bien que les concentrations d’arsenic dans l’air aient diminué, passant de 73 ng/m³ en 2022 à 40,9 ng/m³ en 2025, elles demeurent environ 13,6 fois supérieures à la norme provinciale.
La santé publique a également indiqué que les résultats de cette biosurveillance feront l’objet d’une analyse approfondie avant qu’une quelconque conclusion puisse être tirée.