— PUBLICITÉ—

Un projet pilote pour desservir le Témiscamingue

1 août 2026

par : Journaliste | journaliste@journallereflet.com

photo : Amy Vann by UnSplash

Certains éleveurs de bovins du Témiscamingue pourraient bientôt faire abattre leurs animaux à Belle Vallée, en Ontario, dans le cadre d’un projet pilote permettant ensuite de rapporter la viande au Québec pour la vendre dans la région. L’établissement retenu se trouve à environ huit kilomètres de la frontière et à un peu plus de 40 kilomètres de Rémigny.

Le projet, annoncé le 16 juillet par les gouvernements du Québec et de l’Ontario ainsi que par l’Agence canadienne d’inspection des aliments, doit s’échelonner sur deux ans. Environ 50 bovins par année, provenant d’un maximum de sept exploitations agricoles de l’Abitibi-Témiscamingue, pourront être dirigés vers l’abattoir de Belle Vallée.

Pour être admissibles, les producteurs devront avoir vendu, au cours des deux dernières années, des bovins, de la viande ou des aliments carnés à des consommateurs de l’Abitibi-Témiscamingue. Les exploitations retenues n’ont pas encore été dévoilées. Il n’est donc pas possible de confirmer, pour le moment, qu’une ferme précise du Témiscamingue participera au projet.

La mesure doit contourner temporairement un obstacle réglementaire. Une viande préparée dans un abattoir inspecté uniquement par une province ne peut normalement pas être transportée dans une autre province pour y être commercialisée. Les produits destinés au commerce interprovincial doivent généralement provenir d’un établissement détenant une licence fédérale.

Dans le cadre du projet pilote, les bovins québécois pourront être transportés à Belle Vallée, puis la viande pourra revenir en Abitibi-Témiscamingue pour être vendue directement aux consommateurs. La première découpe devra toutefois être effectuée en Ontario. Une seconde transformation au Québec ne sera pas permise afin de préserver la traçabilité des produits. Toutes les viandes visées devront être clairement identifiées.

Cette possibilité survient un peu plus d’un an après la fermeture de la Boucherie Des Praz, située dans le quartier Évain de Rouyn-Noranda. L’établissement constituait le dernier abattoir de bovins de proximité en Abitibi-Témiscamingue. Depuis sa fermeture au printemps 2025, les producteurs qui souhaitent commercialiser leur viande au Québec doivent transporter leurs animaux sur de longues distances. Selon l’Agence canadienne d’inspection des aliments, l’abattoir québécois sous inspection fédérale le plus proche se trouve à environ 800 kilomètres, alors qu’un établissement ontarien inspecté par la province est situé à moins de 20 kilomètres de la frontière.

Le démarrage du projet est attendu à l’automne, mais sa date exacte n’avait pas encore été annoncée. Les résultats serviront également à alimenter les travaux fédéraux entourant une éventuelle modification des règles sur le commerce interprovincial de la viande rouge dans les régions où les services d’abattage sont insuffisants.

Articles suggérés