Avant de monter seul sur scène avec sa guitare, Guillaume Laroche avait confié les mots et les mélodies aux jeunes de Lorrainville. Le jeudi 30 juillet, l’auteur-compositeur-interprète a consacré sa journée à la création, d’abord lors d’ateliers au camp de jour, puis devant le public réuni pour son concert.
Les chansons composées avec les enfants ne sont pas restées entre les murs de l’atelier. Guillaume Laroche en a présenté le résultat pendant sa prestation, prolongeant sur scène le travail amorcé quelques heures plus tôt.
Cette place accordée aux jeunes a donné un sens particulier à son passage dans la municipalité. Bien avant d’écrire son propre répertoire, l’artiste avait lui-même découvert le plaisir de jouer devant un public grâce à des concours de piano et à Secondaire en spectacle. Les restaurants, les bars et les prestations dans la rue ont ensuite constitué ses premières expériences professionnelles.
À Lorrainville, il s’est cette fois retrouvé de l’autre côté du parcours : celui de l’artiste établi qui peut ouvrir une porte à ceux qui commencent à créer. Le concert reposait sur une formule volontairement épurée. Sans musiciens pour l’accompagner, Guillaume Laroche a porté seul ses chansons afin de s’adresser plus directement aux spectateurs. « Quand je suis seul avec ma guitare, il y a quelque chose de vraiment plus intime. C’est davantage un partage avec le public. »
Cette prestation lui a également permis de reprendre une rencontre écourtée l’année précédente. Invité aux célébrations de la Saint-Jean-Baptiste de Lorrainville en 2025, le chanteur avait dû interrompre sa prestation en raison du mauvais temps. « Je n’avais pas eu le temps de faire beaucoup de chansons. Ça faisait du bien d’y retourner en sachant qu’on aurait un meilleur contexte pour jouer. »
Le Témiscamingue demeure un territoire familier pour Guillaume Laroche. Il s’y est produit à plusieurs reprises, notamment au Rift, et sa conjointe est originaire de la région. Ses visites prennent ainsi une dimension à la fois artistique et personnelle. « C’est toujours agréable de jouer dans des endroits qu’on connaît, puis qui nous connaissent. Les gens en région sont accueillants et curieux. On ne peut pas demander mieux. »
La simplicité du spectacle cachait toutefois un long travail. Avant qu’une pièce puisse être jouée devant un public, elle doit être écrite, retravaillée, enregistrée, répétée et adaptée à la scène. Dans une formule solo, aucun arrangement ne peut dissimuler un texte ou soutenir une interprétation : l’artiste doit ramener chaque chanson à l’essentiel. « Il y a énormément de travail derrière une chanson. Le moment où l’on réussit enfin à tout mettre ensemble et à le partager avec les gens, c’est l’aboutissement du processus. »
Le concert de Lorrainville s’inscrivait dans un été chargé pour le musicien, qui s’est également produit au Festival H2O, à Amos. À la mi-août, il devait assurer la première partie de Richard Desjardins à Osisko en lumière, à Rouyn-Noranda, avant de poursuivre la diffusion du spectacle associé à son deuxième album.
Mais le 30 juillet, la progression de sa carrière s’est mesurée autrement que par la taille de l’affiche. Elle s’est manifestée dans les chansons confiées aux jeunes le matin, puis présentées aux spectateurs le soir : un passage de flambeau discret entre celui qui avait autrefois découvert la scène et ceux qui venaient, à leur tour, d’y faire entendre leurs mots.