Sur la piste des géocaches du Témiscamingue

12 août 2026

par : Ange Major | amajor@journallereflet.com

photo : Gabrielle Major

À l’approche de la Journée internationale du géocaching, célébrée le 15 août, Gabrielle Major n’a pas eu besoin de chercher bien loin pour raconter ce qui peut rendre cette activité accrocheuse. Il y a un an, elle ne voulait même pas l’essayer. Une première cache trouvée avec son conjoint, Sébany Gironne, a suffi pour transformer ses promenades en petites chasses au trésor et lui faire emprunter autrement des chemins pourtant familiers du Témiscamingue.

Gabrielle Major n’avait aucune intention de se mettre à la géocache. Lorsque son conjoint, Sébany Gironne, lui avait proposé d’essayer l’activité il y a environ un an, elle était plutôt sceptique. Lui en avait déjà fait avec des amis. Elle, de son côté, ne voyait pas vraiment ce qu’il pouvait y avoir d’intéressant à chercher un petit contenant à partir de coordonnées affichées sur un téléphone.

Une première cache a suffi pour changer son impression. Ce qui lui a plu n’était pas tant l’objet à trouver que la recherche elle-même. Même lorsque l’application indiquait qu’une cache se trouvait tout près, elle demeurait généralement invisible au premier regard. Il fallait ralentir, observer les alentours et essayer de comprendre où quelqu’un aurait pu la dissimuler. « Au début, je pensais vraiment que je n’aimerais pas ça. C’est en essayant que j’ai découvert le plaisir de chercher. » Cette première expérience en a rapidement entraîné d’autres.

Une raison de prendre un autre chemin

Au fil de leurs sorties, le couple a commencé à intégrer le géocaching à leurs promenades. Ils ont notamment loué des vélos pour parcourir la Ligne du Mocassin avec l’objectif de repérer plusieurs caches installées le long du trajet. À d’autres occasions, l’activité les a simplement amenés à prolonger une route ou à emprunter un secteur qu’ils n’auraient pas exploré autrement.

Gabrielle Major se souvient notamment d’un rang situé près d’un endroit où elle avait l’habitude d’aller cueillir des fraises. Elle connaissait déjà le secteur, mais ses déplacements s’étaient jusque-là limités au trajet nécessaire pour s’y rendre. La présence de caches leur avait donné une raison de poursuivre plus loin.

La géocache lui a surtout permis de redécouvrir un territoire qu’elle connaissait déjà bien, en l’amenant vers des chemins et des endroits qu’elle n’aurait peut-être jamais explorés autrement. Elle a d’ailleurs été surprise par le nombre de caches présentes dans la région. « Il y en a beaucoup plus qu’on pourrait le penser au Témiscamingue. » À Ville-Marie seulement, elle estime qu’il est possible d’en trouver une dizaine ou davantage.

Une chasse au trésor sans récompense

Le principe du géocaching repose sur des coordonnées accessibles à l’aide d’une application. Une fois près de l’emplacement indiqué, le téléphone ne donne toutefois pas directement la réponse. Le participant doit encore trouver la cache dans les environs immédiats. Et celles-ci peuvent prendre des formes très différentes.

Certaines sont minuscules et ne contiennent qu’un registre permettant aux participants d’inscrire leur passage. D’autres sont suffisamment grandes pour renfermer de petits objets que les géocacheurs peuvent échanger. Certaines nécessitent plutôt de résoudre une énigme avant d’obtenir les bonnes coordonnées.

La difficulté varie également d’une cache à l’autre. Gabrielle Major en a déjà cherché dans des arbres, tandis que d’autres étaient si bien intégrées à leur environnement qu’elles devenaient presque impossibles à remarquer pour quelqu’un qui ignorait leur présence.

Une cache découverte à Rouyn-Noranda demeure parmi ses plus mémorables. Installée dans le garage d’un particulier, elle comportait un petit casse-tête qu’il fallait résoudre avant d’accéder au contenant. C’est justement cette diversité qui a entretenu son intérêt au fil du temps. Il n’y avait pourtant rien à gagner. « La récompense, c’est vraiment la recherche. On marche, on se promène et on essaie de trouver quelque chose que les autres ne remarqueraient probablement jamais. »

Une cache trouvée au Témiscamingue

Une compétition à deux

Pour le couple, la géocache est aussi devenu une activité à partager. Dès qu’ils approchent d’une cache, une compétition amicale s’installe : chacun essaie de repérer le contenant avant l’autre. « On essaie toujours de voir qui va la trouver en premier. » Cette dimension rend les recherches plus amusantes, mais elle apprécie surtout le fait de pouvoir transformer une promenade ordinaire en petite aventure.

L’activité peut également suivre les adeptes bien au-delà de leur région. Des caches sont dissimulées un peu partout dans le monde, ce qui permet de poursuivre la recherche pendant un voyage ou une visite dans une autre ville.

Au Témiscamingue, toutefois, Gabrielle Major avait déjà trouvé suffisamment de terrain de jeu pour continuer à explorer. Un an après avoir accepté un peu à reculons de chercher sa première cache, elle ne voit plus l’activité de la même manière. Ce qu’elle avait d’abord imaginé comme une simple recherche de boîtes cachées était finalement devenu une raison de marcher plus longtemps, de prendre un chemin différent et de porter davantage attention à ce qui se trouve autour d’elle.

Le 15 août, à l’occasion de la Journée internationale du géocaching, certains découvriront peut-être l’activité pour la première fois. Gabrielle Major, elle, sait déjà qu’une cache peut parfois se trouver à quelques mètres seulement d’un endroit devant lequel on est passé des dizaines de fois sans jamais la voir.

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